Bornes de recharge publiques: un frein pour la voiture électrique?

Bornes de recharge publiques: un frein pour la voiture électrique?

Guillaume Darding - 04 septembre 2015

L'autonomie limitée et le manque de points de recharge sont régulièrement vus comme un frein à l'achat de voitures électriques. Pourtant, l'autonomie est appelée à évoluer significativement dans les prochaines années et les bornes de recharge, pour certaines gratuites, existent déjà en grand nombre. Néanmoins, le manque de cohésion dans l'utilisation de ces bornes en limite drastiquement l'accès.

Si de nombreuses stations de charge publiques existent, il n'est pas toujours évident de pouvoir en bénéficier. L'accès aux bornes est couramment restreint par l'utilisation d'un badge qu'il est souvent difficile de trouver (en concession, accueil de supermarché, en mairie,...).

Encore faut-il aussi recharger pendant les horaires d'ouverture dans de nombreux cas: pas question donc de voyager de nuit par exemple ou d'être de passage sur le temps de la pause déjeuner. Parfois, il faudra préalablement s'inscrire (Autolib à Paris, projet crome à Strasbourg, Corri-Door...) avant d'avoir accès à la borne de recharge.

Pour se démocratiser de manière significative, il est nécessaire de développer un réseau qui puisse être utilisé avec un moyen d'identification ou de paiement universel. La prolifération des cartes de paiement sans contact ou des puces NFC dans les téléphones pourrait être assurément une solution. La multiplication des bornes de recharge est une chose. La simplicité d'utilisation en est une autre et ce point semble complètement occulté à ce jour.

Idéalement, il faudrait pouvoir recharger son véhicule électrique aussi simplement que remettre de l'essence dans le réservoir d'un véhicule à moteur thermique. Dans le premier cas, il faudra partir à la recherche d'un hypothétique badge, fût-il gratuit. Dans l'autre, une carte de crédit suffit. 

En ce sens, l'écosystème instauré par Tesla semble être une bonne solution, de par sa simplicité et l'implantation des bornes de charge. Toutefois, l'accès à ces bornes est limité aux seuls véhicules de la marque.

Conclusion

Plus de 90% des charges sont aujourd'hui effectuées à domicile: le développement d'un réseau national (voire européen) semble dès lors secondaire. Toutefois, son absence est un réel frein pour l'expansion du parc automobile électrique.

Le conducteur d'un véhicule électrique doit être assuré de pouvoir utiliser de pouvoir utiliser sa voiture quand et où il le veut, ne serait-ce qu'une fois par an et ce, sans craindre de tomber en panne de batterie. Sans cette garantie, le véhicule électrique restera réservé à une frange limitée de la population, malgré toutes les qualités de ce type de motorisation.

Crédits photos: Renault / Nissan / Tesla

Commentaires sur l'article:

04 septembre 2015 à 17h06

Raccourcir le temps de recharge pourrait bien aider ces véhicules à se démocratiser, la start-up StoreDot s'est fixé l'objectif de recharger une voiture en seulement 5 minutes ! A voir s'ils arrivent à réaliser cet exploit.

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Commentaires
JulienH à propos de l'article «Véhicules électriques et longs trajets»

Hier

Bonsoir, c'est justement à cela que je pensais avec le coffre de toit, en plus du poids des bagages, si je prend un trajet que je fais plusieurs fois par an, Lyon -> Lans en Vercors par exemple, je vais avoir de l’autoroute. De plus la température en altitude l'hiver ne doit pas aidé... Ça confirme ce que je pense des voitures du style e-208, en fait si on veut investir dans l’électrique il faut partir sur de "vrai" modèles optimisé :-)

Guillaume Darding à propos de l'article «Véhicules électriques et longs trajets»

Hier

Bonjour à tous et merci pour vos encouragements ! @JulienH Le coffre de toit (en dehors de son poids) ne va pas changer grand chose dans la consommation globale sur une route de montagne, c'est surtout au-dessus de 90 km/h qu'il devient franchement pénalisant. Par contre, il est certain que la consommation, pour accéder aux stations, va s'envoler. Il est donc important d'avoir des stations de charge rapide en vallée et des points de charge lent à l'arrivée. Il est tout à fait envisageable d'avoir un VE en véhicule principal (et même en unique véhicule) : je pense que c'est désormais le cas dans un certain nombre de foyer qui ont opté pour un véhicule électrique. Les longs trajets demandent certes un peu plus de préparation pour programmer les arrêts, mais c'est largement faisable. Par contre, dans le cas de l'e-208 que vous évoquez, j'aurais du mal à la conseiller pour faire des longs trajets entre un consommation pas optimale et la batterie de taille modeste ! @Purmoka Effectivement, il faut que le réseau soit bien dimensionné pour éviter les files d'attente lors des fortes affluences. Aujourd'hui, c'est plutôt le cas (il y a eu quelques cas où les conduteurs ont dû patienter une vingtaine de minutes cet été avant de pouvoir commencer à recharger en France), mais il faut absolument que le réseau de charge rapide continue de grandir à la même cadence que les ventes de VE. D'autre part, il est aussi important de savoir la fréquentation des bornes (si toutes sont occupées et si oui, quel est le temps d'attente) afin d'éviter certaines déconvenues.

Purmoka à propos de l'article «Véhicules électriques et longs trajets»

Hier

Bonjour, Et merci pour vos article toujours très objectif ! Un autre paramètre va poser problème c'est en plus du temps de recharge des véhicules électrique mais aussi le nombre de véhicule à recharger en même temps(lors de fort affluence) en opposition avec les véhicules thermique ! Pour ma part j'attends le développement de l’hydrogène...

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