Ford propose un limiteur de vitesse adaptatif

Ford propose un limiteur de vitesse adaptatif

Guillaume Darding - 26 mars 2015

A l'occasion du lancement de son nouveau monospace S-Max, Ford introduit des fonctions élargies au traditionnel limiteur de vitesse: ce dernier voit ses limites évoluer au gré des changements de limitation de vitesse grâce à la reconnaissance automatique des panneaux.

L'utilisation du limiteur est très pratique en ville notamment pour respecter les limitations de vitesse alors que les changements de rythme sont fréquents (changements de direction, stops, feux rouges,..) et la limite de vitesse constante (50 km/h). Sur autoroute, son utilisation est aussi possible, mais de part les conditions de conduite plutôt constantes, le régulateur de vitesse, qui maintient le véhicule à allure constante, est plus adaptée.

Sur route nationale, l'utilisation du limiteur pourrait s'avérer pratique lorsque le conducteur freine pour aborder un virage avant de reprendre son allure un peu plus tard. Cependant, les changements relativement fréquents de limitations de vitesses (traversée d'agglomération,...) limitent sa facilité d'utilisation. Le conducteur doit alors désactiver le limiteur, mais perd cette aide au moment où il est primordial de respecter les limitations de vitesse (en ville, il y a potentiellement plus d'usagers dit faibles - piétons, cyclistes,... - qu'hors agglomération).

Ford S-MAX - Reconnaissance des panneaux de signalisation TSR, principe de fonctionnement

Pour pallier ce défaut, Ford a jugé utile de coupler le limiteur au système de reconnaissance des panneaux routiers (TSR - Traffic Sign Recognition). Ce système consiste en une caméra logée devant le rétroviseur intérieur et d'un calculateur qui analyse les données vidéos en provenance de la caméra pour identifier les panneaux.

D'autre part, lorsque le véhicule est équipé d'un système de navigation, le limiteur de vitesse adaptatif s'appuie aussi sur les données du GPS pour assurer une meilleure fiabilité de la reconnaissance des limitations de vitesses. Le conducteur garde le pouvoir de fixer une limite de vitesse supérieure à 10 km/h par rapport à la limitation de vitesse réelle.

Pour limiter la vitesse du véhicule, le calculateur agit classiquement sur le couple moteur en régulant l'injection de carburant. En aucun cas, le limiteur agit sur les freins du véhicule. Ainsi, dans une descente, il n'est pas exclu que la voiture dépasse la limite imposée: le véhicule le signale alors au conducteur par la mise en fonction d'une alarme visuelle et sonore.

Ford S-MAX - Reconnaissance des panneaux de signalisation TSR, affichage au tableau de bord

Enfin, le conducteur garde toujours la possibilité d'outrepasser la consigne du limiteur en enfonçant complètement la pédale d'accélération, ceci afin de pouvoir dépasser un autre véhicule dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

Si cette fonction est prometteuse sur le papier, elle pourrait être rapidement montrer ses limites en réalité tant les systèmes de reconnaissance des panneaux ont une grande marge d'amélioration.

De fait, s'il existe des standards pour implanter un panneau, force est de constater qu'en pratique, ils ne sont pas vraiment respectés et cela complique naturellement la reconnaissance des panneaux par un algorithme informatique. La démarche se complique encore plus par mauvais temps et/ou faible luminosité.

Panneau limitation de vitesse - wikimedia commons

Le recoupement des informations avec le GPS permet d'améliorer sensiblement la précision de la lecture des panneaux, notamment sur route nationale ou départementale lorsque les entrées d'agglomérations sont simplement signalées par un panneau rectangulaire blanc à liseré rouge indiquant le nom de la commune, sans être nécessairement associé à un panneau de limitation de vitesse à 50 km/h.

Néanmoins, les systèmes de navigation comportent eux-aussi de nombreuses failles existent: c'est par exemple le cas en Lorraine où la plupart des autoroutes ont vu leur limitation de vitesse abaissée à 110 km/h alors que certains GPS qui ont une cartographie datant de 2014 ne font toujours pas état de ce changement.

Le limiteur de vitesse adaptatif risque donc de se retrouver au rayon des bonnes idées qui ne sont pas réellement exploitables en conditions de circulation réelles, à l'image des systèmes d'aide au stationnement automatique qui brillent par leur lenteur.

Panneau limitation de vitesse - wikimedia commons

En matière de reconnaissance des panneaux, l'avenir semble plutôt promis aux systèmes interconnectés où le véhicule serait capable d'interagir avec l'environnement (panneaux de signalisation, feux rouges,...), un système qu'expérimente Audi avec les feux rouges et qui devrait s'avérer beaucoup plus fiable, un bien nécessaire pour le développement des véhicules autonomes.

Toutefois, une telle technologie augmenterait de manière sensible le coût des infrastructures et sa mise en place ne pourrait certainement pas se faire en quelques mois, mais plutôt en quelques années.

Crédit photos: Ford, Wikimedia Commons (panneaux de limitation de vitesse)

Commentaires sur l'article:

Gerard MASSE

27 mars 2019 à 22h50

Bravo
Je voudrai bien posséder un limiteur commander par un lecteur de panneaux.
L'Europe le demande ce jour 27 Mars 2019.
Pour la sécurité, contre la perte de points,pour son porte monnaie, c'est, le mieux
URGENT que tout les constructeurs ai cette option prête à être en service.
Ancien Chef de Garage et Conducteur de Car je lutte pour la Sécurité, surtout j'ai été Chef d'un Centre de Secours de Pompiers,et là je connais les risques.
SEUL CE SYSTÈME EST ADAPTÉ.
On pourra toujours doublété mais la c'est un risque qu'il prendra.
Pensons au points perdus,risques de perdre son permis,rouler sans permis?,perte d'emploi? ,
La c'est tréservé bon et le meilleur moyen.
Merci
Gégé 34
Guillaume Darding [administrateur]

29 mars 2019 à 16h13

Bonjour Gérard,

je ne suis pas aussi convaincu que vous concernant la justesse de ce système. Je ne sais pas si vous avez l'habitude d'utiliser des systèmes de reconnaissances des panneaux, mais leur fonctionnement est plutôt erratique (voir les raisons que j'invoque dans l'article).

Il paraît alors compliqué de s'appuyer sur ce système pour adapter le limiteur en conséquence, à moins de vouloir prendre le risque de se retrouver bloqué à 30 km/h sur une route limitée à 80 km/h (bien sûr, vous pouvez toujours outrepasser la consigne, mais on perd complètement l'esprit du limiteur adaptatif!).

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Hier

Bonjour Chevallier, votre commentaire à propos de l'efficacité des systèmes SCR repose sur des données qui sont obsolètes car elles reposent sur les normes Euro 6b. Les SCR ont largement évolué depuis : plus proches du moteur et injecteurs plus performants en particulier. D'autre part, je rappelle que les SCR existent depuis de nombreuses années sur les poids lourds, donc les constructeurs n'ont pas attendus de les implanter dans les lignes d'échappement des automobiles pour découvrir subitement des problèmes de températures, "niant" tous les problèmes comme vous l'affirmez ! Concernant Amminex, si la technologie est prometteuse, elle est identique, dans son concept à de l'Adblue !!! Le SCR consiste à faire réagir du NH3 avec le NOx. La différence dans le cas d'Amminex (ou Faurecia ASDS, c'est selon), c'est que le NH3 est stocké directement à l'état gazeux tandis que dans le cas de l'Adblue, il faut convertir le liquide en gaz puis l'urée en NH3. Soit, mais le NH3 gazeux, il faut le stocker, ne pas le relâcher dans la nature (c'est un gaz toxique) et contrôler le débit dans les gaz d'échappement. Donc, la solution Amminex a aussi ses défauts, mais surtout, comment concevez-vous le changement de cartouche une fois celle-ci vide ? D'ailleurs, il faut un minimum de 2 cartouches (le temps de pouvoir changer la cartouche vide, la réduction des NOx doit impérativement être opérationnelle - donc question encombrement, c'est franchement discutable) et il y a un grand risque d'avoir un nombre incalculable de références de cartouche. Et qui va les changer ? Pensez-vous que tous les constructeurs vont s'entendre sur une seule référence de cartouche ? La manipulation de cartouche NH3 ne peut pas être faite pas n'importe qui (notamment, il est impensable de se retrouver avec des cartouches dans la nature). La technologie Amminex a fait ses preuves sur des flottes de bus, mais vous la survendez allègrement. En l'état, elle ne peut pas être déployée sur des véhicules particuliers : en raison de ses contraintes, probablement de son coût, mais surtout, les systèmes SCR avec AdBlue sont largement compétitifs en terme d'efficacité.

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur : Mazda Skyactiv-X»

Hier

Bonjour David, le Skyactiv-X est effectivement équipé d'un système EGR et d'un filtre à particules (voir le paragraphe au sujet de l'échappement). Concernant la fréquence plus élevée du changement des bougies pour le Skyactiv-X, elle est surtout due à la présence de l'EGR refroidi par eau (même phénomène pour le Skyactiv-G 2.5 turbo, non commercialisé en Europe) et non au mode de combustion du moteur.

Chevallier à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Hier

Normes Euros 6, entre la poire et le fromage. ….s’agissant des moteurs diesel, dont la critique des systèmes Adblue (injection d’urée dans un catalyseur de réduction des Nox SCR) reste à faire. Les constructeurs automobiles ont mis une chape de plomb sur le manque patent d’efficience et de fiabilité des systèmes d’injection d’Adblue (solution aqueuse (32,5% d’Urée + 67, 5% d’eau distillée) qu’ils ont développés …de l’aveu même des sous-traitants comme Faurecia que le fabrique pour PSA, ne parvenant qu’à réduire seulement 32% des Nox d’un moteur diesel, violant délibérément la norme Euro 6b. Des réservoirs d’Adblue, curieusement sans évent d’arrivée air atmosphérique, ceux de 2015 de 1ère génération, des constructeurs ayant oublié leurs classiques (ce vase d’Eme Mariotte, des années 1660, qui l’avait…) avec des pompes immergées très vite défaillantes, des causes de surcharges, mal identifiées, conduisant aussi à des injecteurs obturés par une Urée assez corrosive, au même titre que la soude caustique, corrodant les aiguilles… Des définitions de composants mal calibrées eu égard à l’endurance qu’en attendaient les automobilistes diésélistes, un plancher de 160 000 Km, sans ennui… Des constructeurs qui ont sous-estimé la stabilité dans le temps de cet Adblue, niant sa décomposition avec la température entre 30-41°C, niant l’évaporation de l’eau de la solution, liée à l’agitation du roulage, faisant croitre dans le temps la viscosité cinématique de cette solution (coagulation partielle des molécules d’Urée)… de même que la cristallisation de celles-ci sous température négative de -11°C, obligeant à installer un réchauffeur dans le réservoir. Des automobilistes abusés, dans la p’urée au regard de cette norme Euro-6b, en vigueur depuis septembre 2015, qui croyaient ne pas polluer l’environnement (Nox) brutalement contraints, sous OBD inquisiteur, aux remplacements forcés de leur Kit Adblue défaillant, souvent à leurs frais, remplacés par de flambants Kits réservoirs-pompes, qui, sans améliorer le petit 32% d’efficience de dépollution, sont en évolution masquée par des constructeurs voulant en améliorer l’endurance, sans se mouiller, sans en informer les propriétaires des véhicules, y ayant fait intégrer, à la hussarde, un mécanisme d’auto-nettoyage qui se manifeste par une nette émission de décibels durant 5 à 6 secondes, à chaque mise à l’arrêt du véhicule... des automobilistes cobayes, alimentant les comptes d’exploitation des Faurecia-Plastic-Omnium & consorts. …Quantité de ceux-là, échaudés, qui, s’ils avaient eu vent de cette galère, auraient reporté leurs achats sur des véhicules à essence, dès 2015. Un Diesegate à l’intérieur de l’autre… que l’on ne veut pas voir ? D’autant plus que cette technologie de l’Adblue est clairement dans l’obsolescence, depuis la prise de contrôle de la startup danoise, Amminex, à 91,5 % par l’équipementier Faurecia au mois de décembre 2016, 5 années déjà... Une startup qui a développé, dans les années 2012, une solution innovante, économique et très performante, venant à bout des 99 % d’émissions d’oxyde d’azote d’un moteur diesel, un procédé de stockage de l’ammoniac sous forme solide, par l’utilisation de sels métalliques de chlorure de Strontium, agissant comme une éponge, stockant de grande quantité d’ammoniac, sous un très faible volume, aisément utilisable à travers un classique catalyseur SCR, pour réduire ces Nox en Azote gazeux et en vapeur d’eau, des gaz inoffensifs pour l’environnement. Un système ASDS (Ammonia Storage and Delivery System), dont on attend fébrilement les Kits de remplacement pour les installer sans difficulté, en lieux et place, puisque beaucoup moins encombrant que leurs aïeux "Kits Adblue" défaillants et obsolètes, l’atmosphère des villes n’en pouvant plus d’attendre… On peut se poser la question si ces 5 années n’ont pas plutôt, chez Faurecia, servi à développer cette catalyse, sans poison, de l’Ammoniac ou l’Hydrazine pour en tirer l’Hydrogène nécessaire à la pile à combustible des futurs véhicules de tourisme, électrifiés... ? Un moyen danois pour d’abord permettre à ces automobilistes, d’amortir l’investissement de leur véhicule diesel sur plus longue période de roulage, sans interdiction d’utilisation… Donner du temps au temps pour qu’ils puissent économiquement passer à l’électrique ensuite…

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