Gaz réfrigérant : Toyota en renfort de Mercedes?

Gaz réfrigérant : Toyota en renfort de Mercedes?

Par Guillaume Darding pour www.leblogauto.com - 26 août 2013

Toyota Allemagne annonce que certains de ses modèles n’utiliseront plus le nouveau fluide de climatisation tant décrié par Mercedes.

Au nom du principe de précaution, la filiale allemande de Toyota a décidé que trois de ses modèles commercialisés, pour certains, avec le nouveau fluide de climatisation R1234yf, feraient désormais exclusivement appel à l’ancien fluide R134a. Les modèles concernés sont le Toyota GT86, la Prius+ et la Lexus GS.

Au contraire de Mercedes, les tests menés par Toyota avec ce nouveau fluide réfrigérant n’ont montré aucun risque supplémentaire par rapport au fluide actuel. D’autre part, Toyota n’a aucune obligation d’équiper les trois modèles précités sachant qu’ils étaient commercialisés avant le 1er janvier 2013. Le constructeur nippon ne risque donc aucune interdiction d’immatriculation en Europe.

Sur le marché allemand, peu de véhicules sont par ailleurs concernés : sur 1,5 million d’immatriculation au premier semestre, seuls quelques 43.300 véhicules étaient équipés du nouveau fluide, essentiellement des véhicules sud-coréens (Hyundai, Kia, Opel Mokka) et environ 1.700 Toyota et Lexus.

Le rappel des faits

En 2006, la Commission Européenne a voté l’interdiction du fluide réfrigérant R134a à partir du 1er janvier 2011. En 2009, les constructeurs d’automobiles se sont accordés pour remplacer ce fluide par le R1234yf. Pour des raisons de brevets, seuls deux fournisseurs, DuPont et Honeywell, sont capables de produire ce fluide au niveau mondial. Une autre alternative existe et recourt au CO2. Toutefois, cette solution n’est pas encore mature pour la production en grande série (prix prohibitif, surconsommation de carburant).

R134a, R1234yf - DuPont

Fin 2011, DuPont et Honeywell ont fait part de difficultés pour répondre à la demande du nouveau fluide et ont garanti que ces soucis d’approvisionnement seraient résolus d’ici à la fin de l’année 2012. En vertu de cela, la Commission Européenne a donc repoussé de 2 ans la date butoir.

La production du fluide R1234yf a souffert de la catastrophe naturelle survenu au Japon (tremblement de terre) en mars 2011. D’autre part, l’inauguration de l’usine principale de production du nouveau fluide, installée en Chine, a été retardée au dernier trimestre 2012 (ouverture initialement prévue début 2012).

Fin septembre 2012, Daimler Mercedes annonce publiquement que des tests internes ont montré un risque potentiel d’inflammabilité avec le nouveau fluide de climatisation R1234yf. Suite à des discussions avec DuPont, le fournisseur américain a estimé que les tests menés par Mercedes ne reflétaient aucunement la réalité et qu’aucun autre constructeur n’avait mis en évidence de tels risques.

Dans des conditions standards, le fluide R134a (ancien fluide) a un point d’auto-inflammabilité à 750 °C. Dans le cas du R1234yf (nouveau fluide), ce point est à 405 °C. Toutefois, des tests menés par des cabinets indépendants et validés par des organismes réputés tels que l’ISO (International Standard Organisation) et le SAE (Society of Automobile Engineer) ont montré que le point d’auto-inflammabilité était plutôt de l’ordre de 1.000 °C avec un minimum à 700 °C dans le cas d’une application automobile.

De ces campagnes d’essais, l’association des constructeurs allemands (VDA) en a notamment conclu que le nouveau fluide R1234yf était aussi sûr que l’actuel R134a tant pour les occupants que les premiers secours. Aux Etats-Unis, le nouveau fluide a été aussi approuvé par l’agence environnementale EPA.

Mercedes Classe A, Mercedes CLA

Pourtant, Mercedes campe sur ses positions et face à l’obligation de délaisser l’ancien fluide R134a sur tous les nouveaux modèles commercialisés à partir du 1er janvier 2013, le constructeur allemand a décidé de faire passer ses nouveaux modèles A, B, CLA et SL pour de simples restylages (l’obligation dans ce cas n’étant valable qu’à partir du 1er janvier 2017).

Si le dossier d’homologation a été accepté par les autorités allemandes, le Ministère des Transports français n’a pas considéré cette homologation valable, jugeant les modèles précités comme des nouveaux modèles ne devant plus, de fait, utiliser l’ancien fluide de climatisation. L’immatriculation de ces modèles est désormais impossible en France depuis plusieurs mois.

Outre le blocage des immatriculations en France (dont la décision devrait être confirmée ou non par le Conseil d’Etat cette semaine), l’enjeu est de taille  pour Mercedes : le surcoût induit par l’utilisation du nouveau fluide est estimé à près de 40 € par véhicule.

Source: Frankfurter Allgemeine Zeitung, Dupont, Honeywell, Commission Européenne
Crédits images: Toyota, DuPont, Daimler

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Hier

Bonjour Bruno, non, il y a nécessairement des différences mécaniques entre les moteurs, en tout cas entre les versions moins puissantes et les plus puissantes. On peut estimer qu'entre le 115 et le 130 chevaux, ce sont les même moteurs avec une calibration différente. Il devrait en être de même pour les variantes entre 140 et 160 ch. Je ne connais malheureusement pas les détails concernant les différentes évolutions moteurs du 1.3 TCe, cela reste donc des suppositions.

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Audi 2.0l TFSI»

Hier

Bonjour r16 ts, merci beaucoup pour vos encouragements. J'ai effectivement noté ce point et je suis en attente de confirmation pour mettre à jour l'article. A ce jour, il semble acquis que les moteurs de génération 3 ont effectivement perdu l'injection indirecte avec le passage au normes Euro 6c / Euro 6d temp, tandis que les moteurs Gen 3b ont bien conservé l'injection indirecte. De fait, les moteurs Gen 3b ont été conçus dès le départ dans une optique de fonctionnement sur le cycle Miller à charge partielle, ce qui implique notamment l'AVS qui est passé sur l'admission et un taux de compression plus élevé. Il faut comprendre que les moteurs Gen 3b sont conçus dans une optique de rendement maximal et ne sont pas appelés à remplacer les Gen 3 (qui permettent d'aller chercher des puissances plus élevées pour les modèles sportifs grâce, en particulier, à un taux de compression plus faible) et supprimer l'injection indirecte des gen 3b ne ferait pas vraiment de sens.

Guillaume Darding à propos de l'article «Dossier: les différents types de boîtes de vitesses»

Hier

Bonjour pjmdur, il y a effectivement des craintes sur une éventuelle conductivité de l'huile qui pourrait transmettre une partie de l'énergie électrique au niveau du carter et les composants alentours jusqu'à la carrosserie. Toutefois, le risque semble très faible. D'autre part, si l'huile n'est pas du tout conductrice, cela pourrait aussi être néfaste car il y a un risque de générer un arc électrostatique, ce qui pourrait dégrader significativement les qualités de l'huile. Il faut donc un juste compromis, tout en sachant qu'il y a un nombre certains de constructeurs qui ont estimés après test, qu'une huile spécifique n'était pas indispensable. D'autres sont effectivement partis sur une huile spécialement développée pour les transmissions hybrides telles que celle que vous évoquez. Concernant les adaptations, il m'est compliqué de vous donner plus de précisions : le monde des huiles et additifs reste un secteur bien opaque ...

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