Nouvelle réglementation sur les pneumatiques

Nouvelle réglementation sur les pneumatiques

Par Guillaume Darding pour www.leblogauto.com - 01 novembre 2012

A partir du 1er novembre 2012, les fabricants et importateurs de pneus  européens devront faire figurer sur leurs produits une étiquette similaire à celles rencontrées sur les machines à laver. Sur ce label (voir image en fin d’article) seront repris trois critères fondamentaux: la consommation de carburant, les capacités de freinage et le bruit de roulement.

Chaque manufacturier ou importateur est responsable de la mise en oeuvre des tests de validation, selon des paramètres précis décidés par le parlement européen. Ce nouvel étiquetage doit être en mesure d’aiguiller le consommateur dans son choix de pneumatiques selon 3 critères:

1) Consommation de carburant

La notation s’effectue sur une échelle de A (le meilleur échelon) à G (le moins bon). La mesure s’effectue sur un banc d’essais. Le pneu est monté sur un banc à rouleau et simule une conduite à 80 km/h avec une charge représentant 80% de la charge admissible du pneu. D’après Goodyear, la différence entre un pneu noté A et un pneu noté G se chiffre à 6l tous les 1.000km.

2) Capacité de freinage

Les capacités de freinage sont évaluées sur une piste mouillée (une pellicule d’1 mm d’eau recouvre la piste). Les critères de température sont différents selon que le pneu en question soit un pneu hiver ou un pneu été (y compris les pneus M+S). Dans le cas d’un pneu hiver, la température de la piste d’essai doit être comprise entre 2 et 20 °C pour un pneu hiver et 5 et 35 °C pour un pneu été. L’écart de température entre la piste et la température ambiante ne doit pas être de plus de 10 °C. Le véhicule test est lancé à 85 km/h et l’indice représente la valeur de décélération moyenne de 80 km/h à 20 km/h.

Dans les faits, Michelin estime qu’entre un pneu noté A et un pneu noté G, cela représente une différence allant jusqu’à 18m pour un freinage effectué à partir de 80 km/h.

3) Bruits de roulement

Afin d’évaluer le bruit de roulement des pneumatiques, la mesure consiste à placer une paire de microphones placés à une distance de 7,5 mètres de part et d’autres de la route, le véhicule équipé des pneus tests passe alors devant les microphones à 80 km/h moteur coupé. La valeur maximum est mesuré en décibels.

Le critère se caractérise par 3 niveaux d’ondes:
- plus de 71 dB (3 barres): niveau sonore élevé, non autorisé après le 1er novembre 2016.
- entre 69 et 71 dB (2 barres): conforme à la future norme applicable en 2016.
- moins de 69 dB (1 barre): pneu silencieux

En pratique:

La réglementation risque au final de semer le trouble pour le consommateur notamment dans le choix des pneus hiver. Tant en terme de résistance au roulement qu’en distance de freinage, les pneus hiver semblent désavantagés par rapport à un pneu été: difficile voire impossible de trouver un pneu hiver qui se voit attribué la note A pour le critère du freinage sur sol mouillé, contrairement aux pneus été. Dès lors, comment convaincre  les conducteurs du bien-fondé des pneus hivers?

A l’heure où de plus en plus de pays imposent le montage de pneus hivers sans ou sous conditions (10 pays européens dont  l’Allemagne et le Luxembourg concernant les pays frontaliers de la France), il semble dommage que la réglementation européenne se repose sur les organismes indépendants pour établir les qualités dynamiques d’un pneu hiver.

De plus, ce critère souffre  au moins d’une autre faiblesse majeure: il ne prend en compte aucun critère d’usure. Que vaut une économie de carburant substantielle si le pneu s’use plus et doit être changé plus fréquemment?

Source: Commission Européenne, Michelin, Goodyear
Crédit photo: Commission Européenne, Goodyear

Commentaires sur l'article:

Seb

21 mars 2016 à 20h45

j'ai acheté 2 pneus neufs que je vais monter la mois prochain et je voudrais savoir comment les stocker? Debout ou couchés? je précise qu'ils ne sont pas sur jante...
Guillaume Darding [administrateur]

21 mars 2016 à 22h16

La recommandation est normalement, pour un stockage longue durée (de l'ordre de 6 mois ou plus), de stocker un pneu sans jante debout et de le tourner tous les 4 semaines. Pour un stockage de courte durée, cela n'a pas vraiment d'importance: les pneus peuvent être tout aussi bien stockés debout ou couchés. Dans le cas où les pneus sont couchés, il ne faut pas rajouter de charge dessus (ce n'est pas une table...) et ne pas les stocker à même le sol (saletés): au minimum un drap fera l'affaire.

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Il y a 1 heure

Bonjour Chevallier, votre commentaire à propos de l'efficacité des systèmes SCR repose sur des données qui sont obsolètes car elles reposent sur les normes Euro 6b. Les SCR ont largement évolué depuis : plus proches du moteur et injecteurs plus performants en particulier. D'autre part, je rappelle que les SCR existent depuis de nombreuses années sur les poids lourds, donc les constructeurs n'ont pas attendus de les implanter dans les lignes d'échappement des automobiles pour découvrir subitement des problèmes de températures, "niant" tous les problèmes comme vous l'affirmez ! Concernant Amminex, si la technologie est prometteuse, elle est identique, dans son concept à de l'Adblue !!! Le SCR consiste à faire réagir du NH3 avec le NOx. La différence dans le cas d'Amminex (ou Faurecia ASDS, c'est selon), c'est que le NH3 est stocké directement à l'état gazeux tandis que dans le cas de l'Adblue, il faut convertir le liquide en gaz puis l'urée en NH3. Soit, mais le NH3 gazeux, il faut le stocker, ne pas le relâcher dans la nature (c'est un gaz toxique) et contrôler le débit dans les gaz d'échappement. Donc, la solution Amminex a aussi ses défauts, mais surtout, comment concevez-vous le changement de cartouche une fois celle-ci vide ? D'ailleurs, il faut un minimum de 2 cartouches (le temps de pouvoir changer la cartouche vide, la réduction des NOx doit impérativement être opérationnelle - donc question encombrement, c'est franchement discutable) et il y a un grand risque d'avoir un nombre incalculable de références de cartouche. Et qui va les changer ? Pensez-vous que tous les constructeurs vont s'entendre sur une seule référence de cartouche ? La manipulation de cartouche NH3 ne peut pas être faite pas n'importe qui (notamment, il est impensable de se retrouver avec des cartouches dans la nature). La technologie Amminex a fait ses preuves sur des flottes de bus, mais vous la survendez allègrement. En l'état, elle ne peut pas être déployée sur des véhicules particuliers : en raison de ses contraintes, probablement de son coût, mais surtout, les systèmes SCR avec AdBlue sont largement compétitifs en terme d'efficacité.

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur : Mazda Skyactiv-X»

Il y a 2 heures

Bonjour David, le Skyactiv-X est effectivement équipé d'un système EGR et d'un filtre à particules (voir le paragraphe au sujet de l'échappement). Concernant la fréquence plus élevée du changement des bougies pour le Skyactiv-X, elle est surtout due à la présence de l'EGR refroidi par eau (même phénomène pour le Skyactiv-G 2.5 turbo, non commercialisé en Europe) et non au mode de combustion du moteur.

Chevallier à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Il y a 4 heures

Normes Euros 6, entre la poire et le fromage. ….s’agissant des moteurs diesel, dont la critique des systèmes Adblue (injection d’urée dans un catalyseur de réduction des Nox SCR) reste à faire. Les constructeurs automobiles ont mis une chape de plomb sur le manque patent d’efficience et de fiabilité des systèmes d’injection d’Adblue (solution aqueuse (32,5% d’Urée + 67, 5% d’eau distillée) qu’ils ont développés …de l’aveu même des sous-traitants comme Faurecia que le fabrique pour PSA, ne parvenant qu’à réduire seulement 32% des Nox d’un moteur diesel, violant délibérément la norme Euro 6b. Des réservoirs d’Adblue, curieusement sans évent d’arrivée air atmosphérique, ceux de 2015 de 1ère génération, des constructeurs ayant oublié leurs classiques (ce vase d’Eme Mariotte, des années 1660, qui l’avait…) avec des pompes immergées très vite défaillantes, des causes de surcharges, mal identifiées, conduisant aussi à des injecteurs obturés par une Urée assez corrosive, au même titre que la soude caustique, corrodant les aiguilles… Des définitions de composants mal calibrées eu égard à l’endurance qu’en attendaient les automobilistes diésélistes, un plancher de 160 000 Km, sans ennui… Des constructeurs qui ont sous-estimé la stabilité dans le temps de cet Adblue, niant sa décomposition avec la température entre 30-41°C, niant l’évaporation de l’eau de la solution, liée à l’agitation du roulage, faisant croitre dans le temps la viscosité cinématique de cette solution (coagulation partielle des molécules d’Urée)… de même que la cristallisation de celles-ci sous température négative de -11°C, obligeant à installer un réchauffeur dans le réservoir. Des automobilistes abusés, dans la p’urée au regard de cette norme Euro-6b, en vigueur depuis septembre 2015, qui croyaient ne pas polluer l’environnement (Nox) brutalement contraints, sous OBD inquisiteur, aux remplacements forcés de leur Kit Adblue défaillant, souvent à leurs frais, remplacés par de flambants Kits réservoirs-pompes, qui, sans améliorer le petit 32% d’efficience de dépollution, sont en évolution masquée par des constructeurs voulant en améliorer l’endurance, sans se mouiller, sans en informer les propriétaires des véhicules, y ayant fait intégrer, à la hussarde, un mécanisme d’auto-nettoyage qui se manifeste par une nette émission de décibels durant 5 à 6 secondes, à chaque mise à l’arrêt du véhicule... des automobilistes cobayes, alimentant les comptes d’exploitation des Faurecia-Plastic-Omnium & consorts. …Quantité de ceux-là, échaudés, qui, s’ils avaient eu vent de cette galère, auraient reporté leurs achats sur des véhicules à essence, dès 2015. Un Diesegate à l’intérieur de l’autre… que l’on ne veut pas voir ? D’autant plus que cette technologie de l’Adblue est clairement dans l’obsolescence, depuis la prise de contrôle de la startup danoise, Amminex, à 91,5 % par l’équipementier Faurecia au mois de décembre 2016, 5 années déjà... Une startup qui a développé, dans les années 2012, une solution innovante, économique et très performante, venant à bout des 99 % d’émissions d’oxyde d’azote d’un moteur diesel, un procédé de stockage de l’ammoniac sous forme solide, par l’utilisation de sels métalliques de chlorure de Strontium, agissant comme une éponge, stockant de grande quantité d’ammoniac, sous un très faible volume, aisément utilisable à travers un classique catalyseur SCR, pour réduire ces Nox en Azote gazeux et en vapeur d’eau, des gaz inoffensifs pour l’environnement. Un système ASDS (Ammonia Storage and Delivery System), dont on attend fébrilement les Kits de remplacement pour les installer sans difficulté, en lieux et place, puisque beaucoup moins encombrant que leurs aïeux "Kits Adblue" défaillants et obsolètes, l’atmosphère des villes n’en pouvant plus d’attendre… On peut se poser la question si ces 5 années n’ont pas plutôt, chez Faurecia, servi à développer cette catalyse, sans poison, de l’Ammoniac ou l’Hydrazine pour en tirer l’Hydrogène nécessaire à la pile à combustible des futurs véhicules de tourisme, électrifiés... ? Un moyen danois pour d’abord permettre à ces automobilistes, d’amortir l’investissement de leur véhicule diesel sur plus longue période de roulage, sans interdiction d’utilisation… Donner du temps au temps pour qu’ils puissent économiquement passer à l’électrique ensuite…

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