Présentation moteur: au coeur de la BMW M4 GTS

Présentation moteur: au coeur de la BMW M4 GTS

Publié le 27 octobre 2015

Officiant en tant que voiture de sécurité pour les compétitions de MotoGP depuis le début de la saison 2015, la BMW M4 GTS est désormais accessible au grand public. Son système d'injection d'eau à l'admission est une innovation marquante: elle a permis au motoriste d'optimiser sensiblement la puissance du moteur.

Caractéristiques générales

Le moteur de la M4 GTS reprend le moteur de la M4 dans les grandes lignes. Il s'agit d'un 6 cylindres en ligne de 3,0l de cylindrée à injection directe d'essence. Il est suralimenté à l'aide de 2 turbocompresseurs à simple flux et de taille identique. Ils fonctionnent en parallèle et procurent une suralimentation pouvant atteindre 1,5 bar.

Chacun des turbocompresseurs est équipé d'une soupape de décharge actionnée électriquement. Cette dernière est plus réactive que les soupapes pneumatiques et permet, par ailleurs, un contrôle plus précis de la pression de suralimentations.

BMW M4 GTS - vue d'ensemble du groupe motopropulseur

Le moteur de la M4 GTS est construit à partir d'un bloc en fonte d'aluminium. Les chemises de cylindres sont elles-aussi en aluminium, elles reçoivent un traitement déposé par projection à l'arc. Ce traitement, similaire à celui réalisé sur certains moteur Mercedes diesel et AMG, permet de réduire de manière significative les frictions entre le piston et le cylindre.

Le carter d'huile est en magnésium, ce qui a permet de réduire le poids de ce composant de 1 kg par rapport à la même pièce en aluminium. Le vilebrequin est en acier forgé tandis que les pistons sont en aluminium. Les pistons reçoivent eux-aussi un revêtement spécifique à base de graphite (dénommé Graphal, le traitement est effectué par Mahle, le fournisseur des pistons).

BMW M4 GTS - vue de dessus du moteur

Son architecture est de type longue course avec une course de piston de 89,6 mm pour un alésage de 86 mm. Le taux de compression est de 10,2:1. La pression d'injection de carburant peut atteindre 200 bars. 

Il délivre une puissance de 368 kW (500 chevaux) au régime moteur de 6.250 tr/min pour un couple de 600 N.m entre 4.000 et 5.500 tr/min. Par rapport à la M4 classique, la puissance est en augmentation de 70 chevaux et le couple de 50 N.m.

La pompe à eau est entraînée par le vilebrequin (elle est normalement entraînée électriquement sur les autres modèles de la gamme BMW dont le moteur dérive).

Loi d'ouverture des soupapes

Le moteur de la M4 GTS est classiquement équipé des systèmes double Vanos et Valvetronic.

Le double Vanos est un système de calage variable des soupapes en continu. Le système est activé hydrauliquement. En théorie, un actionneur électrique (à l'image du VVT-iW proposé par Toyota) permet d'obtenir un calage sur une étendue plus large, la technologie utilisée par BMW montre néanmoins que la plage de variation est large (70° à l'admission, 55° à l'échappement).

Le Valvetronic permet de contrôler la levée des soupapes à l'admission et permet de se passer d'un papillon à l'admission pour contrôler le flux d'air. En revanche, le Valvetronic n'agit pas sur la durée d'ouverture des soupapes. Le système est activé à l'aide d'un servomoteur électrique.

BMW Valvetronic - levée variable des soupapes

De l'eau dans le moteur

Par rapport à la M4, la M4 GTS a vu sa pression de suralimentation augmentée de 0,2 bar. Toutefois, il n'était pas possible de réaliser cette opération sans risque pour la fiabilité, le moteur de la M4 étant déjà un moteur largement optimisé pour la performance.

BMW M4 GTS - vue de dessus moteur sans l'échangeur air/eau - injecteurs d'eau

Lorsque le moteur est suralimenté, l'air compressé est à une température bien supérieure à celle de l'air atmosphérique (de l'ordre de 70 °C à haut régime), bien qu'il passe à travers un échangeur air/eau pour être refroidi (il serait plutôt aux alentours de 150 °C dans le cas contraire). Naturellement, plus l'air est compressé, plus il devient chaud.

Plus l'air est chaud, plus le risque de cliquetis est élevé (détonation non contrôlée à l'intérieur du cylindre). Au mieux, cela conduit à une détérioration des performances. Dans le pire des cas, cela peut causer des dommages irrémédiables au moteur.

BMW M4 GTS - injection d'eau à l'admission pour refroidir l'air chaud

Pour augmenter la puissance sans augmenter le risque de cliquetis, le motoriste bavarois a choisi d'injecter une fine quantité d'eau à l'admission. Outre le fait d'être un liquide inoffensif, l'eau à l'état liquide absorbe une quantité importante d'énergie pour passer à l'état de vapeur.

Ceci permet donc d'abaisser de manière significative (jusqu'à 25 degrés en moins) la température de l'air à l'admission. D'autre part, le risque de cliquetis étant limité, l'avance à l'allumage peut aussi être optimisée au bénéfice de la puissance et du couple.

Consommation d'eau

L'eau est principalement injectée lorsque le moteur fonctionne à pleine charge (conduite sur circuit). A faible et moyenne charge, l'échangeur air/eau a une capacité suffisante pour refroidir l'air compressé. De petites quantités d'eau peuvent toutefois être injectées à moyenne charge lorsque la température ambiante est supérieure à 20 °C et que l'air nécessite donc plus d'énergie pour être refroidi.

L'eau est injectée à une pression de l'ordre de 10 bars au moyen de 3 injecteurs logés dans le répartiteur d'admission. L'eau est stockée dans un réservoir de 5 litres placé sous le coffre.

BMW M4 GTS - circuit d'injection d'eau

Lorsque la voiture est utilisée sur circuit et le moteur exploité à pleine capacité, le conducteur devra refaire le plein d'eau aussi souvent qu'il fait le plein d'essence. Sur route ouverte, le plein d'eau devra être effectué, dans les cas les plus défavorables, tous les 5 pleins d'essence.

Si le réservoir d'eau venait à être vide, le moteur s'adaptera et ses performances seront dégradées: la pression de suralimentation sera plus faible et l'avance à l'allumage sera réduite. Dans les faits, le moteur retrouvera les performances de la M4 classique.

A l'avenir, BMW pourrait récupérer l'eau formée par la condensation dans les conduits et silencieux d'échappement, ainsi que l'eau formée par condensation dans le circuit de climatisation. Ces deux techniques pourraient éviter au conducteur d'avoir à faire le plein d'eau à intervalles répétés.

Commentaires sur l'article:

clems

03 novembre 2015 à 22h56

Bel article, merci pour toutes les précisions. Ça vole bien plus haut que tous les autres essais de la presse spécialisée.
xav3294

09 avril 2016 à 21h56

les vielles américaines V8 faisaient pas mal de cliquetis , peux tu me dire si la chaine de distribution se situe à l'arrière du moteur (j'ai du mal à m'y faire ) , bel article sur ce motoriste bavarois !
Guillaume Darding [administrateur]

10 avril 2016 à 22h52

La chaîne de distribution se situe bien à l'avant du moteur dans le cas du moteur de la M4.

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Commentaires
Rose à propos de l'article «Dossier: systèmes de dépollution des moteurs diesel»

Il y a 3 jours

Bonjour, Je suis actuellement à la recherche d'informations concernant ce fameux FAP, car j'envisage d'acheter une v50 Volvo dont le FAF à priori devra être changer au alantour des 120000km (elle est à 112000km aujourd'hui). Savez vous si le système installé sur moteur pour rouler à l'eau est il vraiment sérieux ? Et si cela est compatible avec le FAP ? Merci

Guillaume Darding à propos de l'article «Normes Euro 6c: filtre à particules et casse-tête hybride»

Il y a 3 jours

Bonjour Mike, merci pour vos encouragements! Concernant les émissions de NOx, Emissions Analytics (EQUA index) détient une base de données conséquente de véhicules mesurées en conditions de conduite réelle. Vous ne retrouverez pas les valeurs exactes mesurées, mais l'index de qualité de l'air permet déjà de se faire une bonne idée. https://equaindex.com/ Concernant les émissions de particules fines, c'est un sujet plus délicat car cette composante est plus difficile à évaluer. Néanmoins, certains organismes comme l'ADAC communiquent ces valeurs (mais pas en conditions de conduite réelles, il s'agit de valeurs mesurées par leurs propres soins en laboratoire similaires aux tests d'homologation). D'autre part, le nombre de véhicules testées reste assez faible (environ une centaine depuis septembre 2016). https://www.adac.de/infotestrat/tests/eco-test/ (en allemand - les véhicules concernées sont ceux répondant aux normes "Schadstoffklasse" Euro 6c ou Euro 6d temp)

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Il y a 3 jours

Bonjour Fefe31, il n'est pas normal d'avoir ce défaut récurrent, surtout à cette fréquence, même si vos habitudes de conduite favorisent les petits trajet. Il est surtout surprenant que vous ayez à remplacer ce composant très régulièrement. Soit la conception de la sonde est défaillante, ce qui serait somme toute assez surprenant (mais ça peut toujours arriver), soit la calibration moteur favorise l'encrassement de la sonde, la rendant très rapidement inopérante. Il peut y avoir de multiples causes provoquant la contamination de la sonde lambda. En considérant que vous faites beaucoup de petits trajets, on peut présumer une accumulation de suies ou une contamination à l'huile moteur. Il peut y avoir beaucoup d'autres causes par ailleurs, des plus bénignes (qualité du carburant, utilisations d'additif dans le carburant) aux plus graves (joint de culasse défectueux). De toute façon, il n'est pas normal de devoir changer de sonde lambda aussi fréquemment (on peut estimer que les sondes doivent être changées une à deux fois tout au long de la durée de vie du moteur). Un tel problème devrait être remonté par votre garage à Nissan (vous n'êtes peut-être pas le seul dans cette situation et un correctif, s'il n'existe pas déjà (mise à jour du calculateur, nouvelle référence de sonde), devrait être apporté.

© Guillaume Darding

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