Stage de pilotage Formule Renault: le plein de sensations

Stage de pilotage Formule Renault: le plein de sensations

Guillaume Darding - 20 avril 2016

Les stages de pilotage permettent de se faire plaisir au volant de nombreux véhicules dans des conditions optimales de sécurité (sur circuit). Généralement, ces stages se déroulent sur des véhicules de grand tourisme tels que des Porsche, Ferrari, Lamborghini. Il est en revanche plus rare de pouvoir se glisser dans le cockpit d'une monoplace: c'est-ce que propose CD Sport avec des stages de pilotage sur Formule Renault. 

CD Sport: présentation de l'école de pilotage 

Créée en 1995, CD Sport est une école de pilotage itinérante: elle se déplace sur différents circuits tout au long de l'année. Les instructeurs, tout comme les mécaniciens qui encadrent le stage, sont issus de la compétition automobile et sont engagés dans l'un ou l'autre championnat en France ou en Europe. 

CD Sport est aussi, en parallèle, une écurie de course engagée notamment dans le championnat d'endurance VdeV avec des prototypes Norma M20FC. 

Formule Renault 2.0: présentation de la monoplace 

La Formule Renault 2.0 s'articule autour d'une coque en carbone. Elle est motorisée par un 4 cylindres essence de 2.0l de cylindrée atmosphérique à injection indirecte délivrant une puissance de 200 chevaux au régime de 7.500 tr/min. Ce moteur est bien connu des amateurs de véhicules sportifs puisqu'il équipait les Clio 3 RS.

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - stands

Dans le cas de la Formule Renault, la transmission se fait à l'aide d'une boîte de vitesses séquentielle à 6 rapports. Les changements de vitesse se font grâce à 2 palettes fixes situées derrière le volant. Le freinage est confié à des étriers fixes à 4 pistons, à l'avant comme à l'arrière. La FR 2.0 repose sur des pneus slicks de 13 pouces de diamètre. 

Le poids à vide de la Formule Renault est inférieur à 500kg. En matière de performance, ces caractéristiques font de la Formule Renault un des véhicules les plus rapides parmi ceux proposés dans le cadre d'un stage de pilotage. 

De nombreux pilotes de Formule 1 ont débuté sur Formule Renault. En particulier, Kimi Räikkönen est passé directement du baquet d'une Formule Renault engagée dans le championnat anglais en 2000 au volant d'une Formule 1 en 2001 avec l'écurie Sauber. 

Présentation du circuit de la Ferté-Gaucher 

Pour l'occasion, c'est sur le circuit de la Ferté-Gaucher que le stage s'est déroulé. A 70km à l'est de Paris, le circuit est récent (inauguré fin 2008) et il s'est déjà forgé une solide réputation tant pour le pilotage d'automobiles que de motos.

Circuit de la Ferté-Gaucher - tracé

Dans le cadre du stage CD sport, c'est le grand circuit, d'une longueur de 3.6km et offrant un panel de 14 courbes, qui est utilisé. Plutôt lent, surtout dans sa deuxième partie où les virages techniques s'enchaînent, il est possible de s'offrir une belle pointe de vitesse en bout de ligne droite. L'endroit offrant le plus de sensations de pilotage étant certainement la longue courbe à gauche débouchant sur une chicane à l'aveugle. 

Heureusement, le circuit est balisé pour l'occasion avec des cônes afin de matérialiser le point de freinage, le point de braquage et le point de corde de chaque virage. Ce marquage permet de se familiariser bien plus vite avec le circuit. 

Avant de monter à bord d'une Formule Renault 

Avant de pouvoir s'asseoir dans le baquet, le briefing et les tours de reconnaissance à bord d'un minibus sont deux étapes indispensables.

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - stands (2)

Le briefing, d'une durée de 45 minutes environ, permet de rappeler les techniques de pilotage (freinage dégressif, point de corde, etc.). Il permet surtout de mettre l'accent sur la sécurité (ce qu'il faut faire en cas de tête-à-queue ou de sortie de piste, manœuvre à effectuer selon le drapeau présenté). Enfin, le fonctionnement de la voiture est abordé (procédure de sortie des stands, passage des vitesses,…). 

Les deux tours de reconnaissance à bord d'un minibus permettent de visualiser matériellement le placement des cônes à chaque virage. Au volant, l'instructeur détaille les particularités de chaque virage, en insistant notamment sur les zones de dégagement. C'est aussi l'occasion de découvrir les capacités de freinage, insoupçonnées, d'un minibus.  

Le deuxième tour est effectué à vive allure et met en valeur les possibilités surprenantes d'un minibus en matière de freinage et de tenue de route. Cela permet aussi de tempérer les éventuelles ardeurs des stagiaires en illustrant la réelle maîtrise d'un pilote au volant d'un véhicule loin d'être conçu pour un usage sur circuit. 

Les sessions de pilotage 

Pénétrer au sein d'une Formule Renault est déjà une aventure en soi. Il faut s'insérer dans un cockpit étroit et retrouver les trois pédales à l'aveugle. Petites et rapprochées, il faudra à veiller à ne pas les confondre. Seule concession en matière de confort: un minuscule support pour y poser son orteil gauche pendant les sessions de pilotage. 

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - ensemble des monoplaces dans les stands

L'embrayage ne sert que pour la première vitesse, au démarrage des stands, et le freinage se fait classiquement avec le pied droit (il s'effectue normalement avec le pied gauche en compétition). 

Une fois le volant mis en place, on se retrouve dans le bain de la compétition avec du carbone à profusion et une myriade de boutons. Toutefois, dans le cadre du stage, seul le bouton de démarrage est actif: inutile de vouloir modifier la répartition des freins ou d'espérer communiquer avec les stands. 

Le démarrage est laborieux: première vitesse enclenchée, il faut monter dans les tours, maintenir le régime et relâcher très progressivement l'embrayage. C'est tout un art qui, avant d'être parfaitement maîtrisé, se soldera par quelques calages.

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - retour au stand

Une fois sorti des stands, un nouveau monde s'ouvre au stagiaire. Le 2.0l pousse fort, vibre et n'hésite pas à donner de la voix une fois les 5.000 tr/min atteints. La sensation de vitesse est très grisante et il faut déjà penser à freiner. La pédale de frein est dure (pas de servofrein), mais pas autant qu'on aurait pu le craindre. Après quelques tours, il devient même relativement facile de le doser. 

La direction n'est pas assistée non plus. Ce n'est vraiment pas un manque du fait de la masse limitée de la Formule Renault (il faut rappeler que nombre de voitures n'avait pas de direction assistée il y a une vingtaine d'année): elle est extrêmement précise et communicative. 

Après avoir trouvé ses repères, le rythme s'accélère progressivement et tout s'enchaîne très vite: il faut garder une très bonne concentration pour ne pas se faire piéger au freinage. A haute vitesse, dans la longue courbe à gauche, les cervicales doivent déjà lutter contre la force centrifuge.

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - la Ferté-Gaucher - dernier virage avant la ligne droite

La Formule Renault offre un niveau de performance très élevé grâce à son grand potentiel d'adhérence et son freinage puissant (qu'il faut réapprendre à doser, il est inutile de compter sur un ABS). A cela, il faut ajouter l'absence de parebrise et un circuit offrant une variété de courbes lentes et rapides. C'est, en résumé, le cocktail idéal pour faire du stage une véritable partie de plaisir.  

Les différentes formules 

Trois formules sont proposées par l'école de pilotage: une offre découverte, demi-journée ou journée complète. 

Le forfait découverte est conseillé pour les personnes qui veulent connaître la sensation de piloter une monoplace sur circuit (une série de 7 à 9 tours selon les circuits), sans nécessairement exploiter tout le potentiel de la voiture. 

Le forfait demi-journée (deux séries de 6 ou 7 tours selon les circuits) offre certainement le meilleur compromis entre apprentissage et plaisir de pilotage. Sans forcément chercher la performance à tout prix, il permet de bien cerner le niveau de performance de la monoplace et de se faire plaisir.

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - circuit de la Ferté-Gaucher

Enfin, le forfait journée (quatre séries de 6 ou 7 tours selon les circuit, un déjeuner est compris dans le forfait) permettra d'aller plus loin dans l'exploitation des performances de la Formule Renault.

Durant le stage, les boissons sont proposées à volonté (il ne faut bien évidemment pas s'attendre à trouver de l'alcool) et l'équipement complet est fourni (casque, combinaison, gants, bottines). Enfin, en option, le stagiaire peut opter pour une franchise réduite à 180€ en cas de casse (la franchise standard étant de 1.200€)  et l'enregistrement des sessions de pilotage en caméra embarquée.

Stage de pilotage Formule Renault CD Sport - staff

Un grand merci aux équipes de CD-Sport pour leur passion et leur professionnalisme! 

Crédits photos: Circuit La Ferté-Gaucher (tracé du circuit) / Guillaume Darding

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Volkswagen 1.5l TSI»

Il y a 3 jours

Bonjour Giacomo et merci beaucoup pour tous vos encouragements ! Concernant le choix de la boîte, c'est essentiellement une question de confort de conduite, la différence en matière de consommation étant ténue. La boîte à double embrayage est agréable, on ne sent pas beaucoup (voire pas du tout) les changements de vitesse. Petit détail : en combinaison avec le régulateur adaptatif et la DSG, le régulateur peut gérer la vitesse du véhicule jsqu'à l'arrêt et repartir (presque automatiquement : il suffit d'une pression sur la pédale d'accélération). Dans le cas de la boîte manuelle, le régulateur se désactive en-dessous de 30 km/h. La DSG DQ200 n'a pas une très bonne réputation, mais il me semble que les choses se sont amélioriées depuis 2 ans. Pour le rodage, je préconise (mais sans élément factuel, plus par habitude et bon sens), de rouler les 2.000 premiers kilomètres en conduite souple (pas de régime haut, pas de forte charge). Il faut aussi rôder les freins et les pneus sur les premières centaines de kilomètres. Personnellement, avec le nombre d'équipements électroniques (écran central, virtual cockpit, feux LED, assistance de conduite, etc.), il est préférable de prolonger la garantie. Attention toujours aux restrictions kilométriques, généralement de l'ordre de 80.000/100.000 km (vu votre kilométrage annuel, ce ne devrait pas être un souci). On ne voit désormais plus grand chose sous le capot (capitonnage moteur), ni sous le moteur (carénage). Il faudra toujours porter une attention particulière au niveau d'huile et éviter dans la mesure du possible, d'attendre l'allumage du voyant moteur, avant de refaire l'appoint d'huile. Lorsqu'il neige, bien penser à dégager le logo à l'avant (présence du radar commandant le régulateur de vitesse et le freinage d'urgence en cas d'inattention) ainsi que les capteurs pour le stationnement. Concernant le SP95-E10, je n'ai pas de contre-indication à son sujet (non plus avec le FAP). Les effets du SP98 sont assez aléatoires d'un moteur à l'autre. Si vous voulez, vous pouvez effectivement faire les premiers pleins avec du SP98-E5. Ensuite, si vous repassez au SP95-E10 et que vous constatez un changement de sonorité, c'est que le SP98 a un effet bénéfique sur votre moteur. Au cours des 5.000 premiers kilomètres, il est inutile d'essayer de comparer la consommation avec un carburant ou l'autre car elle est susceptible d'évoluer (normalement à la baisse).

Giacomo à propos de l'article «Présentation moteur: Volkswagen 1.5l TSI»

Il y a 3 jours

Bonjour Guillaume, article tout simplement exceptionnel. Ingé méca de formation, bien que ne faisant plus de méca depuis longtemps, votre article a été tout simplement agréable à lire et efficace dans la présentation. Un grand bravo ! Et un grand merci également à la richesse des commentaires, très éclairants. Je dois me séparer de ma Touran 2.0 TDI de 2004 (moteur AZV 136cv) qui n'a plus la fiabilité nécessaire avec ses 280 000km et une boite vieillissante. Faisant 10 max 15 000 km essentiellement routier ou autoroutier par an désormais, je m'oriente vers l'achat l'essence, une Touran III 1.5 TSI 150cv. Le dilemme reste le choix de la boite, BVM6 ou le DSG7 (HQ200), je pense privilégier le second. Compte tenu du profil couple (flat à 250Nm jusqu'à 3500t/min ) et puissance, que pensez vous de son mariage avec la DSG7 en terme de consommation, de fiabilité de la chaine cinématique en particulier l'embrayage et d'agrément de conduite ? Un conseil particulier pour le rodage sur ce moteur ? durée, profil de conduite ? J'ai noté que le SP95-E10 peut s'avérer suffisant si conduite style éco, l’œil sur la conso instantanée. Même dès les premiers pleins en rodage ? pas de contre-indication avec le FAP? Est-ce que le SP95-E10 (vs le SP98) impacte le couple et par là potentiellement l'embrayage à forte charge ? Prolonger la garantie constructeur d'une , deux ou trois ans, pensez vous que cela fasse sens ? Pour conclure, dans le cadre d'un contrôle visuel de l'ensemble moteur, que conseilleriez-vous de regarder régulièrement sous le capot et sous le moteur pour éviter des dérives et.... faire autant avec cette nouvelle touran qu'avec mon ancienne ? Merci d'avance, Giacomo

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur : Alpine A110 et Megane R.S.»

Il y a 7 jours

Bonjour cyril5R et merci pour vos encouragements ! Je n'ai pas la nature exacte des changements, mais par expérience, je peux affirmer que : - concernant les pistons et les soupapes d'échappement, il s'agit certainement d'un changement matière (matériau plus résistant aux hautes températures et/ou vibrations - concernant le volant moteur, il est certainement recalibré (masses, raideur des ressorts) - pour la pompe à huile, elle a certainement une plus grande capacité

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