Toyota: la fin d'un modèle?

Toyota: la fin d'un modèle?

Guillaume Darding - 11 mars 2010

Au-delà de la polémique qui accable ces derniers temps Toyota, il est intéressant de se pencher sur l'impact global que cette situation peut représenter. Si, en tant que n°1 mondial, Toyota a été l'ennemi à abattre, en tant que marque à forte croissance ces 30 dernières années, Toyota a surtout été l'exemple à suivre pour ses concurrents.

La philosophie de Toyota est née dans les années 50 et s'est généralisée à la plupart de ses concurrents dans les années 70, lors de la crise pétrolière. Jusqu'alors, on parlait du modèle Ford, née avec la Ford T, avec la production de masse. Le principe est simple: plus la production est élevée, plus le coût des composants est faible et donc la marge sur le produit final sera plus importante.

Lors de la crise pétrolière de 1973, les ventes de nouveaux véhicules ralentissent fortement et la production de masse montre ses limites: les stocks s'accumulent et constituent un handicap énorme car d'un côté, il a fallu payer la matière première, et de l'autre, les rentrées d'argent se font rares dû à l'effritement des ventes.

Dans les années 70, cela fait bientôt 20 ans que Toyota connaît d'année en année une forte croissance, il s'agit de Toyota. Aux antipodes de la production de masse, le système de production de Toyota repose au contraire sur la production "juste-à-temps". Ce type de production repose sur une principe important: lorsque Toyota ouvre sa première usine hors du Japon en 1959, l'usine est quasi-autonome et un maximum d'activité (design, fournisseurs,...) sont réalisées sur le même site. Toyota a donc une large maîtrise de la totalité du processus de fabrication. Ce système sera alors repris dans les grandes lignes par ses concurrents.

Fort de ses 20 ans d'expérience, Toyota a une confortable avance sur le marché US et continuera de croître à vitesse grand V jusqu'à devenir le n°1 mondial au milieu des années 2000 tout en construisant une image forte sur le plan de la fiabilité (au niveau mondial) et de la qualité (Etats-Unis, Japon).

A l'aube des années 90, afin de réduire les coûts de production, la tendance est à une scission entre constructeurs et équipementiers. L'idée est, pour les équipementiers alors intégrés chez les constructeurs (Delphi/ General Motors, Ford/Visteon, Toyota/Denso, Peugeot/Faurecia,...), de s'ouvrir aux constructeurs concurrents et ainsi de permettre de produire certains équipements en quantités plus élevées (principe de la production de masse).

Le principe du "juste-à-temps" est dès lors fragilisé: il devient difficile de construire "à la demande" alors que les usines des équipementiers ne sont plus localisées directement aux portes du constructeurs. Pire, certains composants traversent les continents et il redevient nécessaire de refaire des stocks pour maîtriser la production. Mais, dans la volonté de minimiser les stocks, les pièces sont commandées en nombre limité et les fournisseurs sont poussés au maximum pour réduire les temps de production, tout en maintenant des prix serrés.

En ne maîtrisant plus la totalité de la chaîne de production, les constructeurs ont ouverts une large brèche sur le plan de la qualité des composants tout en fragilisant la santé de leurs propres fournisseurs (fermeture de Matra en 2003, Delphi sous la protection de la loi des faillites aux Etats-Unis en 2004,...). Renault (Laguna) et Mercedes (Classe E) ont déjà fait les frais de sérieux problèmes qualité au début des années 2000.

En ce début d'année 2010, Toyota ne fait donc pas exception et doit faire face à une grave crise de confiance envers ses clients. Les problèmes de fiabilité de Toyota ne sont pas choquants tant sur le nombre de véhicules rappelés (plus de 10 millions), mais surtout par le fait que la fiabilité est justement le fer de lance de la marque nipponne!

Si Toyota est aujourd'hui concerné, nul doute que 2 autres groupes à forte ambition risquent de devoir affronter à plus ou moins long terme le même type de polémique: le groupe Hyundai/Kia en premier lieu en ayant adopté jusqu'à présent une stratégie similaire à Toyota (image de fiabilité en proposant une garantie de 7 ans) et ensuite le groupe Volkswagen qui est assurément le groupe le plus avancé en terme d'éléments mis en commun entre les différents modèles et marques.

S'il n'est pas nécessaire de remettre en cause la structure de production entre les constructeurs et les équipementiers, il apparait en revanche indispensable de repenser en profondeur la relation client/fournisseur.

D'ailleurs, cet aspect est déjà abordé dans un des principes de la philosophie Toyota parue en 2001: "Respecter son réseau étendu de partenaires et de fournisseurs en les stimulant et en les aidant à s'améliorer". S'il n'avait pas été jusqu'à présent réellement pris en compte, nul doute que les récents évènements qu'à vécu Toyota devraient inciter constructeurs et équipementiers à se remettre en cause et éviter à tout prix un nouveau scandale.

Sans oublier un dernier aspect, certes subjectif mais certainement trop négligé, celui qui conduira à chercher le plus haut degré de qualité: la passion!

Source: The Toyota Way, Wikipédia version anglaise et version française

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Il y a 10 heures

C'est assez compliqué de faire une estimation de la consommation, mais je tablerais dans les environs de 11 l/100km et 10 minimum. La crainte de surchauffe est tout à fait légitime, mais si on prend en considération les améliorations qui ont été apportées sur les moteurs essence ces dernières années, dont, dans le cas du 1.3 TCe, le revêtement effet miroir (diminution des frictions) ou la distribution variable, il y a lieu d'être rassuré en partie. D'autre part, il y a un nombre important de capteurs qui surveillent les paramètres moteur, ce qui permet de détecter un éventuel dysfonctionnement. Si je peux vous donner un conseil pour tracter une caravane avec un moteur essence, c'est de ne surtout pas hésiter à rétrograder, surtout en faux-plat montant et en montée. Le régime moteur est alors significativement plus important que dans le cas d'un moteur diesel, mais c'est un mal nécessaire pour avoir un couple à la roue similaire. De plus, c'est en restant sur un rapport supérieur tout en augmentant la pression sur l'accélérateur (augmentation de la charge) qu'on risque généralement le plus la surchauffe.

jean v. à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Hier

C'est un avis tout à fait pertinent en effet; j'aurais dû préciser qu'il s'agit de déplacement-vacances, à savoir 4000 km max par an. Tracter avec le 110cdi demande en gros 9l/100km donc 3l de plus. A quoi faut-il s'attendre à peu près avec le 1.3 tce? Par ailleurs certains caravaniers se méfient du downsizing et des contraintes que génère le fait de tracter sur la chauffe des pistons et la les conséquences sur la durée de vie du moteur; est-ce une crainte irraisonnée? Y a-t-il une manière de conduire à conseiller ou éviter?

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Hier

Bonjour Jean, plus que la fiabilité, c'est surtout la consommation qui entre en jeu, à mon avis, dans votre décision. On peut craindre une envolée de la consommation d'essence lorsque vous tractez votre caravane, bien plus qu'avec un moteur diesel. Si vous ne tractez votre caravane que quelques fois dans l'année, ce n'est pas un gros souci. Mais si vous la tractez régulièrement, il faudrait peut-être songer à rester sur une motorisation diesel.

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