Un pneu qui préserve ses qualités de freinage même usé

Un pneu qui préserve ses qualités de freinage même usé

Guillaume Darding - 27 janvier 2014

A l'occasion du salon automobile de Détroit (NAIAS), Michelin a présenté un pneumatique dont l'adhérence et les capacités de freinage sur sol mouillé sont conservées tout au long de la vie du pneu.

Au fil de l'usure d'un pneumatique, ses capacités à évacuer l'eau diminuent, augmentant les distances de freinage et le risque d'aquaplanage. Les rainures et les sillons creusés dans le pneu sont à l'origine de ce phénomène. La hauteur de gomme s'amenuisant au fil des kilomètres, la hauteur de ces sillons s'amenuise, diminuant d'autant le volume d'eau que le pneu est à-même d'évacuer.

Grâce à sa nouvelle technologie baptisée Evergrip, Michelin entend contrecarrer ce phénomène. Le principe de cette technologie repose sur 3 composants. Le premier concerne les rainures principales qui s'élargissent lorsque le pneu s'use.

Habituellement, c'est le contraire qui se produit: il faut une ouverture large pour extraire le moule une fois la bande de roulement formée, ce qui implique que les rainures d'un pneu sont nécessairement plus étroites au fond de la bande de roulement. 

Il est très probable que Michelin utilise des moules à usage unique, qui se fractionnent en petits morceaux pour faciliter leur évacuation du produit final (technique similaire au moulage à la cire perdue utilisé parfois dans l'industrie aéronautique et automobile).

Michelin Premier AS - rainures extensibles

Le deuxième composant de la technologie Evergrip repose sur des sillons disposés sur l'épaule du pneu (bord du pneu) très fins lorsque le pneu est neuf. Lorsque le pneu est usé à moitié (profondeur de la bande de roulement de l'ordre de 4mm), ces sillons (au nombre de 150 environ), deviennent très larges afin de faciliter l'évacuation de l'eau.

Michelin Premier AS - apparition des sillons

Enfin, un mélange de gomme utilisant de la silice et de l'huile de tournesol en grande quantité assure au pneumatique une bonne adhérence sur sol mouillé et à faible température. Ce mélange est habituellement utilisé dans la composition des pneus hiver de la marque (Helio Compound) et plus récemment dans la composition de pneus mixtes été/hiver (Michelin Pilot Sport A/S 3, commercialisés sur le continent américain).

Cette technique est déjà proposée par le manufacturier sur certains de ses pneus poids lourds depuis 2005. Par ailleurs, Goodyear propose depuis peu lui-aussi des pneus toutes saisons (Goodyear Assurance Tripletred) équipés de rainures qui s'élargissent au fur et à mesure de l'usure du pneu.

Michelin Premier AS - bande de roulement

Les pneus Michelin Premier A/S sont des pneus dits toutes saisons. Ce type de pneu est peu répandu en Europe, où ils a plutôt tendance à être décrié. De fait, le continent nord-américain ne présente pas nécessairement des routes aussi complexes que celles qu'ont peut trouver en Europe (routes de cols par exemple).

Néanmoins, ce type de pneu pourrait s'avérer d'un grand secours dans les régions de plaine en cas de fortes chutes de neige. De plus, tout comme un pneu hiver, la plupart arborent le marquage M+S et sont donc utilisables dans les pays qui exigent la monte de pneus hiver (l'Allemagne par exemple).

Michelin Premier AS - marquage M+S

En matière d'usure, Michelin commercialise son nouveau pneu avec une garantie de 100.000 kilomètres: si le pneu devait amené à être remplacé avant d'avoir atteint ce kilométrage, Michelin le remplace au prorata du kilométrage parcouru. Cette garantie comporte néanmoins une contrainte: il faut penser à intervertir ses pneus entre l'avant et l'arrière tous les 8.000 à 12.000 kilomètres.

Ce type de garantie tend à montrer que les pneus toutes saisons ne devraient pas souffrir d'usure prématurée. A titre de comparaison, Michelin applique cette garantie sur la plupart des pneus commercialisés aux Etats-Unis, pour les pneus été, elle est limitée à 80.000 kilomètres (Energy Saver), 48.000 km pour les pneus hiver (Alpin A4) et hautes performances (Pilot Super Sport).

En revanche, les pneus toutes saisons, de par leur résistance au roulement plus élevée, implique une surconsommation par rapport à un pneu été, une surconsommation comparable à celle d'un pneu hiver.

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Hier

Bonjour pjmdur, dans le cas d'un hybride, le mode de calcul pour calculer les émissions de CO2 selon le cycle WLTP revient à mesurer les émissions du moteur selon les différents modes de fonctionnement (cas où le niveau de charge de la batterie est maintenu et cas où le moteur électrique est utilisé jusqu'à l'épuisement de la batterie). En fonction de l'autonomie du véhicule électrique, les émissions mesurées dans le cas où le moteur est sollicité (maintien de la charge de la batterie) sont pondérées. La courbe est indicative et montre que plus le véhicule a une forte autonomie en mode électrique, plus le facteur de pondération sera important (par conséquent, les émissions de CO2 seront plus faibles). En réalité, le calcul est beaucoup plus complexe car la courbe varie sensiblement selon les phases de conduite du cycle d'homologation. Ces courbes sont censée être représentatives du taux d'utilisation du véhicule électrique en mode électrique et se basent sur des études statistiques. Au final, les émissions de CO2 déclarées n'ont absolument rien à voir avec ce que le moteur émettra lorsque la batterie est vide et la seule manière d'approcher les émissions officielles, c'est de rouler une grande partie du temps en mode électrique !

pjmdur à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Hier

Bonjour Guillaume, Un premier test en vrai grandeur d'un utilisateur du 3008 II Hybride 4 donne 5,6l sur 1000km, ce qui est plutôt correct pour un véhicule essence 4X4 de cette puissance. Mais c'est 3 fois environ le chiffre mixte WLTP annoncé.. D'autres tests de journalistes qui ont avoué n'être pas vraiment représentatifs car routes sinueuses parcourues d'une façon sportive, ont donné environ 7L. je me demande sérieusement comment sont réalisés les tests WLTP pour un véhicule Hybride/Plugin? J'avoue ne pas avoir compris la courbe %/autonomie batterie.

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur : Mazda Skyactiv-X»

Hier

Bonjour Scotch et merci pour vos encouragements ! Concernant le taux de compression, c'est une donnée très importante dans la conception d'un moteur et le taux de compression effectif (du au retard de la fermeture des soupapes à l'admission) n'en est qu'une conséquence. Le fait d'avoir un taux de compression élevé vous donne la possibilité de basculer vers des modes de fonctionnement permettant la réduction des pertes par pompage (le cycle Atkinson comme vous l'évoquez, par exemple). Si, dans une conception moteur, on part avec un taux de compression faible, il n'y aura que peu de marge de manoeuvre sur ce critère-là. La charge moteur est gérée, autant que faire se peut, par le taux d'EGR (interne et externe) et la quantité de carburant injecté, le compresseur vient en renfort pour assurer un bon remplissage des cylindres et le papillon reste ouvert au maximum : c'est le mode de fonctionnement privilégié dans la zone SPCCI. En dehors de cette zone, le papillon va moduler la quantité d'air admise. Considérant que le moteur fonctionne en mode "classique" principalement à haut régime et/ou à forte charge, on peut en déduire que le papillon reste de toute façon assez largement ouvert et que les pertes induites par cet organe restent limitées. Le compresseur est débrayable car au-delà d'un certain régime moteur, il consomme beaucoup de puissance moteur (le compresseur est entraîné par le vilebrequin) et il est donc préférable de le désactiver. L'embrayage n'est donc pas utilisé pour moduler la pression de suralimentation.

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