Réduction des masses: parfois au détriment de la praticité

Réduction des masses: parfois au détriment de la praticité

Guillaume Darding - 17 août 2015

La réduction des masses est devenue un enjeu majeur dans le développement d'un nouveau modèle. Parmi les différentes voies d'optimisation, les constructeurs choisissent parfois de réduire la taille des réservoirs de fluide (essence, liquide de refroidissement, lave-glace, etc.).

Avec la C4 Cactus, Citroën a largement développé le concept d'optimisation de la masse à vide. Le constructeur a fait des choix délibérés en optant, par exemple, pour une banquette d'un seul bloc et des vitres arrière entrebâillantes. Ces deux organes auraient permis un gain de près de 17 kg par rapport à une banquette rabattable 2/1-1/3 et des vitres arrière descendantes. Néanmoins, ce gain se fait au détriment de la modularité.

Citroën C4 Cactus

D'autre part, l'une des voies d'allègement dans le cas de la Cactus a été de réduire de moitié la taille du réservoir de lave-vitres (de 3l à 1,5l). Toutefois, le système Magic Wash (le gicleur à l'avant est intégré au balai d'essuie-glace) proposé de série, diviserait la quantité nécessaire de liquide par deux. Cette solution est donc, à priori, transparente pour le conducteur.

Autre voie: certains constructeurs sont tentés, sous prétexte que les moteurs consomment moins de carburant, de réduire notablement la taille du réservoir d'essence. C'est le cas de Mercedes avec la Classe C qui propose de série un réservoir de 41l (pour les motorisations ayant une puissance inférieure à 200 chevaux) et un réservoir de 66l en option.

Si, selon le cycle d'homologation en vigueur, les constructeurs ont réalisés d'énormes progrès, les améliorations sont plus nuancées dans la réalité. Aussi, la diminution de la consommation d'essence ne compensera pas la capacité plus faible du réservoir et le conducteur devra, au final, ravitailler plus souvent.

Enfin, avec l'application des normes Euro 6, les systèmes SCR se démocratisent. Ils sont équipés d'un réservoir additionnel d'AdBlue afin de réduire sensiblement les oxydes d'azote. Dans le cas de la nouvelle Audi A4, le réservoir a une contenance de 12l.

Il est possible d'équiper la berline d'un réservoir de 24l, ce qui permet d'espacer le plein d'AdBlue à plus de 20.000km (contre la moitié avec le petit réservoir). Surtout, cette démarche permet d'économiser plus de 12 kg.

Conclusion

Dans l'optique de réduire notablement la masse de leur nouveau modèle, les constructeurs sont parfois amenés à proposer des solutions dégradant sensiblement l'expérience de conduite. Ces choix ont un impact non négligeable pour le conducteur puisqu'ils augmentent les fréquences de passage en station essence ou en centre d'entretien (sans toutefois nécessairement augmenter les coûts d'utilisation).

A terme, ces visites plus fréquentes pourraient créer une frustration chez le conducteur qui aura le sentiment que le coût de revient de son véhicule est plus élevé qu'auparavant.

Réduire la taille d'un réservoir est un moyen très économique de réduire la masse d'un véhicule. En comparaison, réduire la masse en utilisant des matériaux plus techniques (acier UHLE, aluminium, CFRP,...) s'avère naturellement plus coûteux. Il est certain que l'application des nouvelles normes à l'horizon 2020 poussera plus régulièrement vers ce type de solution, parallèlement à l'utilisation de matériaux plus légers.

Crédits photos: BMW, Audi, Citroën, Mercedes

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Commentaires
Karim78 à propos de l'article «Dossier: fonctionnement de la climatisation»

Il y a 9 heures

Je prend note de vos précieux conseils. Cela semble logique après tout mais je vérifierai avec un 2ème mécano sait-on jamais. Merci encore Guillaume !

thierryb à propos de l'article «Autonomie et consommation des véhicules électriques»

Hier

Merci, c'est très clair

Guillaume Darding à propos de l'article «Autonomie et consommation des véhicules électriques»

Hier

Bonjour Thierry, merci beaucoup pour tes encouragements ! Concernant la vitesse de 100 km/h, il n'y a pas de raison d'être pénalisé à rouler plus vite puisque la consommation n'est pas décompté pendant cette phase. Peut-être y-t-il un risque (je pense assez peu signifiant) d'être pénalisé si on considère que la marge d'erreur des appareils de mesure est plus grande à haute vitesse. Cette phase a vitesse constante a pour but unique d'accelérer le test de toute façon. Mis à part à avoir accès au dossier d'homologation, il n'est pas possible de connaître la vitesse utilisée par le constructeur. Concernant la consommation, la tension et l'intensité de la batterie sont mesurées en continu lors des tests (soit par un appareil de mesure externe, soit directement par le système de gestion de la batterie, si le constructeur démontre qu'il est suffisamment précis). Par la suite, il suffit de relever la tension et l'intensité moyenne durant les segments dynamiques pour en déduire la consommation. Concernant la puissance de charge, elle n'est pas clairement définie à ma connaissance, mais la charge doit utiliser le chargeur embarqué du véhicule (convertissant le courant alternatif de la source en courant continu) et se faire à vitesse "normale" (logiquement avec une intensité de 16A, soit l'équivalent d'une puissance de 3,7 kW). Concernant la fin du test, il s'arrête lorsque le véhicule tombe en panne (et non aux 0% réels de la batterie, sinon, il y a de grandes chances qu'elle soit endommagée dans le processus). Les tests se font systématiquement en laboratoire : il n'y a donc pas d'incidence due aux variations des conditions météorologiques. En espérant avoir répondu à l'ensemble de tes questions !

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