Better Place en liquidation judiciaire

Better Place en liquidation judiciaire

Guillaume Darding - 03 juin 2013

L'entreprise a fait une demande officielle auprès des autorités israéliennes pour autoriser sa mise en faillite et la nomination temporaire d'un liquidateur judiciaire. Cette démarche est la conclusion logique de huit mois de soubresauts venant écorner l'image de Better Place.

Si les doutes étaient nombreux dès le début de l'aventure Better Place, il aura tout de même fallu attendre près de 6 ans pour que les  craintes se confirment. La spirale infernale a débuté en octobre dernier, après que le fondateur de Better Place, Shai Agassi, ait été démis de ses fonctions.

Quelques mois plus tard, Better Place annonçait que l'introduction du service d'échange de batterie serait repoussé en Australie avant que le nouveau PDG, Evan Thornley, ne soit à son tour licencié en janvier dernier.

Tout a commencé en 2007 lorsque, en compagnie de Shimon Peres (Président d'Israël) et d'Ehud Olmert (Premier Ministre d'Israël), Better Place annonce la création d'une infrastructure dédiée à la recharge des véhicules électriques en Israël.

Malgré des projets de déploiement du système au Danemark, au Japon, à Hawaï et en Australie, l'entreprise fondée par Shai Agassi peine à convaincre les constructeurs de développer un système compatible avec le système d'échange rapide de batteries.

C'est finalement en septembre 2009 que Renault annonce la commercialisation prochaine d'un véhicule compatible: la future Fluence ZE. Les prévisions de vente sont ambitieuses: Better Place ambitionne d'écouler 100.000 véhicules à l'horizon 2016.

En janvier 2010, Better Place décroche un financement de 350 millions de dollars. En novembre 2011, Shai Agassi obtient une rallonge de 200 millions de dollars pour le développement des infrastructures de Better Place.

Il faudra attendre le mois de janvier 2012 pour la mise en service des 100 premières Renault Fluence ZE équipées du système d'échange rapide de batterie Quickdrop. Un an et demi plus tard, seuls 2.000 clients en Israël et au Danemark se sont laissés séduire par l'offre de Better Place et il devenait alors évident que l'objectif de 100.000 véhicules ne serait jamais atteint.

Récemment, Renault, par l'intermédiaire de son PDG Carlos Ghosn, a fait part de son désintérêt pour le système d'échange rapide de batterie, estimant que le système prenait trop de place au sein du véhicule et de ce fait, les batteries "fixes" étaient l'avenir.

La liquidation judiciaire de Better Place met en échec un écosystème voué à effacer un défaut majeur (autonomie) des véhicules électriques par rapport aux véhicules à moteur thermique. Elle ne doit pas en revanche mettre à mal l'essor des véhicules électriques. Les batteries de ces derniers sont promises à de nombreuses avancées qui devraient gommer progressivement le manque d'autonomie: Tesla propose déjà des véhicules à forte autonomie mais à un prix élevé.

La fin de Better Place est en fait un tri naturel face à la création de nombreuses start-ups à la fin des années 2000 dans le domaine des véhicules propres. Après une période faste faite de levée de fonds importantes, de nombreuses sociétés (Fisker, Coda pour les plus connues) ont été contraintes de fermer leurs portes au moment de la concrétisation de leur projet.

Commentaire:

Nom d'utilisateur :

Adresse mail (non visible) :

Site internet (optionnel) :

Quelle est la forme géométrique du logo utilisé par Renault ?

Réseaux sociaux
Commentaires
Antoine29 à propos de l'article «Technique : éclairage automobile avant»

Il y a 7 heures

Bonjour, dans le schéma montrant les zones d'éclairage des feux de croisement/de route, un ovale représente la limite de visibilité du faisceau des feux de route. Savez-vous s'il existe une réglementation concernant l'angle horizontal et l'angle vertical de ce faisceau? Si oui est-ce une norme qui s'applique à tous types de véhicules? Je recherche pour des besoins techniques les valeurs de ces angles pour un fourgon utilitaire Citroën Jumper. Pas facile à trouver comme info! Merci d'avance pour votre réponse.

Guillaume Darding à propos de l'article «Ford 1.0l Ecoboost: sur deux ou trois cylindres»

Hier

Bonjour Adrien, les évolutions restent mineures dans l'ensemble entre un moteur flexifuel et un moteur non flexifuel, le principal étant le changement de matière des sièges de soupapes. Je n'en ai pas la confirmation, mais il semblerait que les injecteurs aient aussi évolué pour permettre des débits supérieurs (ce qui est utile dans le cas de l'E85 puisqu'il faut injecter plus de carburant). Une reprogrammation peut être source de problème... si elle est mal faite : par exemple, si le reprogrammateur "s'amuse" à vouloir augmenter le débit des injecteurs plutôt que d'allonger le temps d'injection pour injecter du carburant lorsque le réservoir est rempli de superéthanol. Si les injecteurs ne sont pas capables de fonctionner avec le débit demandé, alors le mélange à l'intérieur du cylindre sera trop pauvre et néfaste pour la fiabilité du moteur (et les émissions). Pour un reprogrammateur qui maîtrise son sujet (avec une bonne connaissance des particularités de l'E85 et du moteur qu'on souhaite convertir), il n'y a pas de crainte à avoir.

Adrien67 à propos de l'article «Ford 1.0l Ecoboost: sur deux ou trois cylindres»

Il y a 4 jours

Bonsoir Guillaume, Aurais tu des informations concernant la compatibilité E85 des derniers blocs MHEV 125/155 chevaux non badgés Flexifuel ? Est ce que les blocs sont identiques (sièges de soupapes ? Injecteurs) et une reprogrammation peut elle être source de problème pour le passage à l'éthanol ? Merci d'avance

© Guillaume Darding

Mentions légales