L'approche polysensorielle au coeur de l'habitacle

L'approche polysensorielle au coeur de l'habitacle

Guillaume Darding - 25 avril 2014

Une démarche polysensorielle consiste à stimuler les différents sens physiologiques de manière à améliorer la conduite d'un véhicule (réduction de la fatigue visuelle, suppression des mauvaises odeurs,...) et à positionner un véhicule en terme de qualité perçue (éclairage d'ambiance, choix des matériaux,...). 

La vue

La vue est un organe essentiel pour la conduite et souvent à l'origine de la fatigue du conducteur. Certains constructeurs se sont penchés sur le problème de la conduite de nuit en réduisant les sources lumineuses au sein de l'habitacle au strict minimum (comme le Saab Night Panel).

Aujourd'hui, les systèmes d'éclairage à LED offrent de multiples possibilités aux équipes de développement grâce à leur taille réduite et à leur faible consommation électrique.

Approche polysensorielle - éclairage d'ambiance

Opel, avec l'Adam, propose en option un pavillon de ciel illuminé accompagné de plusieurs autres sources localisées dans les vide-poches. PSA travaille sur un éclairage d'ambiance similaire avec des sources lumineuses intégrées dans un bandeau de la planche de bord, sous le tissu de revêtement des portières et dans le ciel de toit.

Outre la fonction d'éclairage d'ambiance et de personnalisation poussée grâce à plusieurs couleurs d'éclairage et un ajustement de la luminosité, ce type de lumière permet aussi de reposer l'oeil lors de la conduite de nuit, à l'image de ce que proposait Philips sur certains de ses téléviseurs (technologie Ambilight).

L'odorat

L'odorat est certainement le sens le plus dérangé en automobile du fait de l'environnement extérieur. Les odeurs désagréables sont légion, à commencer par les odeurs émanant des gaz d'échappements des véhicules alentours (notamment en ville ou dans un tunnel).

Si l'air est préalablement filtré avant d'entrer dans l'habitacle, de nombreux efforts restent à faire. Certains véhicules sont déjà équipés d'un capteur de pollution permettant de basculer automatiquement en mode de recyclage d'air, leur fonctionnement reste opaque pour les occupants.

Des voies d'amélioration sont à l'étude. A cet effet, PSA proposera à partir d'octobre 2014 en Chine, où la pollution de l'air est devenu un enjeu crucial, un système d'information du traitement de l'air via l'écran tactile. Ce système sera généralisé à partir de 2016 au reste du monde pour les véhicules équipés d'un capteur de qualité d'air.

Approche polysensorielle - centrale de dépollution

A cette échéance, PSA devrait par ailleurs proposer en option sur les véhicules des segments supérieurs, en Chine et en Europe, une centrale de dépollution. Celle-ci abritera plusieurs filtres dont un filtre certifié HEPA et un dispositif composé de charbons actifs, de catalyseurs et de zéolithes capables d'améliorer sensiblement la qualité de l'air à l'intérieur de l'habitacle. Par son action, la centrale permet d'annihiler les mauvaises odeurs dues au transport d'un animal de compagnie par exemple.

L'ouïe

L'acoustique est une problématique relativement nouvelle en matière d'automobile et à ce titre encore peu exploitée. Pourtant, l'ouïe est peut-être le vecteur qui agit le plus sur notre subconscient. Le bruit de la fermeture des portières, le grincement du mobilier de l'habitacle ou encore le son du moteur sont 3 exemples fréquemment relevés pour évaluer la bonne ou la mauvaise qualité d'une voiture.

Avec les exigences d'isolation phonique de plus en plus relevées, l'acoustique du moteur est devenue relativement absente de l'habitacle, ce qui est un point positif pour une voiture typée confort. En revanche, pour un véhicule sportif, cela peut créer un sentiment de frustration pour le conducteur. 

A cet effet, certains constructeurs comme Renault (R-Sound Effect), Peugeot (Sound System sur RCZ) ou Volkswagen (Soundaktor) proposent un amplificateur de son. Cet amplificateur permet de recréer artificiellement une ambiance sonore sportive à l'intérieur du véhicule sans pour autant importuner les passants.

Approche polysensorielle - Renault R-sound

PSA entend aussi améliorer la spatialisation du son à l'intérieur de l'habitacle. C'est déjà le cas avec certains systèmes d'aide au stationnement (radars de reculs) qui émettent un son localisé lorsque un obstacle est détecté à droite ou à gauche.

Par exemple, lorsque le système de navigation est utilisé et indique un changement de direction à droite, seuls les haut-parleurs droits délivreraient le message pour inciter le conducteur à tourner dans la bonne direction.

Approche polysensorielle - spatialisation du son

Le toucher

Le toucher est un sens sollicité essentiellement pour qualifier la qualité perçue d'un modèle. Le revêtement de la planche de bord est souvent un indicateur du niveau de qualité que souhaite refléter un constructeur, que ce soit par l'utilisation de plastiques durs ou de matériaux moussés.

En tissu, les sièges adoptent par ailleurs des textures différenciées selon que le véhicule ait une vocation sportive ou non. Le cuir est un vecteur naturel de qualité. Là encore, le grain (ou l'absence de grain) permet de déterminer le positionnement en matière de qualité perçue.

Approche polysensorielle - revêtement texturé des sièges Citroën C4 Cactus

Conclusion

L'approche sensorielle est un pré-requis dans le développement d'une automobile. Toutefois, étudier chaque sens de manière séparée ne pourrait pas être couronné de succès, d'où l'importance d'une démarche polysensorielle qui met en évidence les interactions entre les différents chapitres. 

Il ne serait pas d'une grande utilité de proposer des matériaux agréables au toucher pour la planche de bord si, d'un autre côté, cette même planche de bord ne serait pas agréable à regarder ou si les boutons de commande émettaient un bruit désagréable. Peugeot et Citroën ont notamment démontré le bien-fondé de cette approche sur les véhicules que les deux constructeurs ont récemment commercialisés (Citroën C4 Cactus, Citroën C4 Picasso, Peugeot 308).

Commentaire:

Nom d'utilisateur:

Adresse mail (non visible):

Site internet (optionnel):

Quelle est la forme géométrique du logo utilisé par Renault?

Réseaux sociaux
Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Il y a 11 heures

C'est assez compliqué de faire une estimation de la consommation, mais je tablerais dans les environs de 11 l/100km et 10 minimum. La crainte de surchauffe est tout à fait légitime, mais si on prend en considération les améliorations qui ont été apportées sur les moteurs essence ces dernières années, dont, dans le cas du 1.3 TCe, le revêtement effet miroir (diminution des frictions) ou la distribution variable, il y a lieu d'être rassuré en partie. D'autre part, il y a un nombre important de capteurs qui surveillent les paramètres moteur, ce qui permet de détecter un éventuel dysfonctionnement. Si je peux vous donner un conseil pour tracter une caravane avec un moteur essence, c'est de ne surtout pas hésiter à rétrograder, surtout en faux-plat montant et en montée. Le régime moteur est alors significativement plus important que dans le cas d'un moteur diesel, mais c'est un mal nécessaire pour avoir un couple à la roue similaire. De plus, c'est en restant sur un rapport supérieur tout en augmentant la pression sur l'accélérateur (augmentation de la charge) qu'on risque généralement le plus la surchauffe.

jean v. à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Hier

C'est un avis tout à fait pertinent en effet; j'aurais dû préciser qu'il s'agit de déplacement-vacances, à savoir 4000 km max par an. Tracter avec le 110cdi demande en gros 9l/100km donc 3l de plus. A quoi faut-il s'attendre à peu près avec le 1.3 tce? Par ailleurs certains caravaniers se méfient du downsizing et des contraintes que génère le fait de tracter sur la chauffe des pistons et la les conséquences sur la durée de vie du moteur; est-ce une crainte irraisonnée? Y a-t-il une manière de conduire à conseiller ou éviter?

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur: Renault 1.3l TCe / Mercedes A 200»

Hier

Bonjour Jean, plus que la fiabilité, c'est surtout la consommation qui entre en jeu, à mon avis, dans votre décision. On peut craindre une envolée de la consommation d'essence lorsque vous tractez votre caravane, bien plus qu'avec un moteur diesel. Si vous ne tractez votre caravane que quelques fois dans l'année, ce n'est pas un gros souci. Mais si vous la tractez régulièrement, il faudrait peut-être songer à rester sur une motorisation diesel.

© Guillaume Darding

Mentions légales