Toyota Mirai: un coup d'avance?

Toyota Mirai: un coup d'avance?

Publié le 20 novembre 2014
Par Guillaume Darding

Dix-huit ans après avoir été le premier constructeur à proposer un véhicule hybride (moteur électrique et moteur thermique) dans sa gamme, Toyota sera le premier à proposer de série un véhicule électrique alimenté par une pile à combustible (PAC): la Mirai (signifiant futur en japonais).

Depuis près de 15 ans, nombre de constructeurs ont développé des prototypes utilisant la pile à combustible. Outre Toyota, Mercedes s'est déjà montré largement impliqué dans la mise au point de cette technologie, tout comme BMW, General Motors, Mazda et Honda. A l'heure où la concurrence annonce de nouveaux prototypes, Toyota propose un véhicule de série. L'histoire se réécrit donc pour le constructeur japonais.

Cette stratégie est naturellement payante en matière d'image de marque, mais elle a un coût important pour le constructeur. Au risque de se faire rattrapper et dépasser lorsque le marché devient mâture: c'est peu ou prou le cas aujourd'hui avec les véhicules hybrides rechargeables désormais disponibles sur le marché.

Toyota Mirai - vue avant

Si la technologie de la Prius est toujours d'actualité, son rapport qualité prix est désormais dépassé. Ainsi, la Prius rechargeable s'affiche à 37.300€ en France, tandis que l'Audi A3 Sportback e-tron démarre à 38.900€, un prix comparable pour des véhicules ne s'affichant pas dans la même catégorie (la Prius étant un véhicule issu d'un constructeur généraliste et l'A3 provenant d'un constructeur premium).

La pile à combustible entend résoudre deux problèmes régulièrement pointés du doigt concernant les véhicules à moteur électrique: l'autonomie limitée (inférieure à 200 km) et la lenteur de la recharge des batteries. Le problème majeur de la PAC étant de stocker de l'hydrogène, un gaz très inflammable, en toute sécurité.

Technologie

La Mirai est équipée d'un moteur électrique délivrant une puissance de 114 kW (155 chevaux) et un couple de 335 Nm. La transmission de la puissance se fait aux roues avant.

L'électricité fournie au moteur électrique provient soit de la pile à combustible, soit de la batterie d'appoint (de technologie - NiMH - et de capacité similaire à la Prius). La batterie peut être rechargée par cette même pile et aussi en récupérant l'énergie lors des freinages. 

Toyota Mirai - éléments de la pile à combustible PAC

L'hydrogène est comprimé à une pression de 700 bars dans deux réservoirs d'une capacité totale de 122 litres. Le remplissage des réservoirs se fait en 5 minutes environ et autorise une autonomie d'environ 500 kilomètres.

Une prise électrique, au standard CHAdeMO, est dissimulée dans le coffre. Cette interface permet d'alimenter pendant quelques heures un foyer en cas de coupure de courant.

Sécurité

L'hydrogène étant un gaz inflammable, les voitures à PAC nécessitent une attention particulière en matière de sécurité. Dans le cas de la Mirai, la pile à combustible, ainsi que les réservoirs de dihydrogène sont fabriqués à partir de PRFC (plastique renforcé de fibres de carbone), utilisées notamment de manière intensive par BMW avec l'i3 et l'i8. En cas de choc, la vanne des réservoirs d'hydrogène est immédiatement fermée pour prévenir toute fuite de gaz.

Toyota Mirai - implantation sous véhicule de la pile à combustible PAC

Dimensions

Avec une longueur de 4,89m et un empattement de 2.78m, la Toyota Mirai se rapproche des grandes berlines de type Audi A6 / BMW Série 5 / Mercedes Classe E ou encore la Lexus GS. Sa largeur est de 1,81m et sa hauteur culmine à 1,53m.

Contrairement aux berlines électriques qui souffrent d'un poids élevé en raison du poids des batteries, la Mirai a un poids compétitif dans la catégorie avec une masse à vide de 1850 kg (ce qui représente le poids d'une Audi A6 berline équipée de la transmission intégrale et motorisée par un V6 diesel).

Toyota Mirai - vue de profil

Si le coffre offre visuellement un volume convenable (Toyota ne précisant cette donnée), l'implantation des réservoirs implique des formes compliquées, rendant difficile l'exploitation du volume total.

Commercialisation

La commercialisation de la Mirai débutera en décembre 2014 au Japon avant d'être disponible à l'été 2015 aux Etats-Unis puis en Europe à partir de septembre 2015 dans un nombre de pays restreint (Angleterre, Allemagne, Danemark). Le constructeur japonais prévoit de distribuer plus largement la Mirai à partir de 2017.

En matière de prix, Toyota montre qu'il reste énormément de chemin à faire pour démocratiser cette technologie: la Mirai sera vendue plus de 78.000€ en Allemagne.

Toyota Mirai - vue arrière

Etant un véhicule sortant de l'ordinaire et vu son prix, les ambitions en matière de volume de ventes sont faibles: entre 50 et 100 véhicules par an en Europe.

Production

La Mirai sera fabriquée exclusivement au Japon dans l'usine Toyota de Motomachi. Cette usine, qui produit environ 70.000 véhicules par an. Elle a déjà produit de nombreux véhicules atypiques dont la Prius en 2000, puis le RAV4 électrique (1.900 exemplaires), le FCHV-adv fuel cell (concept de pile à combustible basé sur le SUV Highlander - non disponible en Europe - produit à 726 exemplaires), sans oublier, dans un autre registre, la Lexus LFA (500 exemplaires).

L'usine est implantée dans les environs de Yokohama (40 kilomètres au sud de Tokyo).

Commentaires sur l'article:

xav3294

23 septembre 2016 à 20h51

la video vaut le coup d'etre visionnée ! quel est le poids de la Mirai et les suspensions ont-elles du etre durcies ?
Guillaume Darding [administrateur]

23 septembre 2016 à 22h53

La Mirai pèse la bagatelle de 1.850 kg, ce n'est pas spécialement léger, mais ça reste relativement raisonnable par rapport à la longueur.

A titre de comparaison, une Tesla Modèle S, longue de près de 5 mètres, pèse entre 1.950 kg (60) et plus de 2.200 kg (P100D).

Commentaire:

Nom d'utilisateur:

Adresse mail (non visible):

Site internet (optionnel):

Quelle est la forme géométrique du logo utilisé par Renault?

Réseaux sociaux
Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Dossier: les différents types de boîtes de vitesses»

Il y a 4 jours

Bonjour Jean-Jacques, la boîte TCT proposée sur les Alfa Romeo est une boîte robotisée à double embrayage. L'apparition du message d'erreur me semble quand même prématurée, mais elle peut s'expliquer par le fait que vous restez longtemps en côte avec une faible accélération. Vraisemblablement, l'un ou l'autre embrayage n'est pas complètement fermé, ce qui crée du frottement et génère donc de la chaleur. Si, de plus, lors d'un démarrage à froid, la puissance de refroidissement de la boîte est réduite (le temps que la température d'huile monte et que l'huile devienne moins visqueuse, générant ainsi moins de frictions, au bénéfice de la consommation de carburant), on se retrouve dans une situation critique où la température de la boîte devient potentiellement trop élevée. Il n'y a pas de réglage possible (autrement que par une mise à jour du constructeur ou à prendre le risque de reprogrammer la boîte par un spécialiste) et je n'ai pas le sentiment qu'un changement de boîte solutionnerait ce problème (puisqu'il s'agit vraisemenblablement d'un problème de calibration du logiciel de la boîte). Vu votre kilométrage, j'imagine que votre Giuletta est toujours sous garantie. Le cas échéant, n'hésitez donc pas à faire vérifier votre véhicule par votre concessionnaire.

Jean-Jacques Payan à propos de l'article «Dossier: les différents types de boîtes de vitesses»

Il y a 4 jours

Bonjour, Votre document est très intéressant. Je profite de votre site pour vous poser une question pratique. Je possède une Giulietta 170 TCT (dont vous ne parlez pas beaucoup .. de la boite) qui en remontant de mon 3eme sous sol avec un accès difficile cause un message d'erreur : Température élevée de la boite . Existe t il un réglage possible , changement de la boite ou tt simplement un défaut de conception ????? j'ai 15000 kms ... Avec mes remerciements.

Guillaume Darding à propos de l'article «Normes Euro 6c: filtre à particules et casse-tête hybride»

Il y a 6 jours

Bonjour Gabrielle, la Golf GTE fait partie des modèles dont l'homologation Euro 6c / Euro 6d temp est retardée en raison des faibles volumes de vente (en 2017, sur un total de 480.000 Golf construites, seules 10.000 étaient des GTE). De fait, sans cette homologation, il n'est plus possible d'immatriculer un nouveau véhicule. En théorie, quelques véhicules pourraient être encore vendus avec l'ancienne homologation (à titre d'une fin de série), à condition que le constructeur en fasse la demande. En fait, Volkswagen avait même stoppé les commandes sur ce modèle (et d'autres modèles de la gamme) en début d'année afin d'éviter de se retrouver dans la situation à laquelle vous faites désormais face. Vous concernant, votre concessionnaire aurait dû immatriculer votre Golf GTE avant le 1er septembre pour éviter les tracas (à condition que le véhicule était déjà en sa possession avant cette date). Désormais, il n'y a pas d'autre choix que de patienter jusqu'à ce que le modèle soit homologué (et cela pourrait prendre encore plusieurs semaines) pour débloquer la situation. Il faut aussi espérer, sans vouloir être (trop) pessimiste, qu'il ne s'agisse que d'une nouvelle homogation sans changement technique car si des changements techniques devaient intervenir (ajout d'un filtre à particules / calibration moteur), la livraison de votre véhicule pourrait être encore allongée.

© Guillaume Darding

Mentions légales