France: la fin des véhicules propres

France: la fin des véhicules propres

Guillaume Darding - 22 mai 2015

Dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique, l'Assemblée Nationale a délaissé la dénomination de véhicules propres ou écologiques au profit de l'appellation véhicules à faibles émissions et véhicules à très faibles émissions. Il s'agit d'un changement destiné à rappeler que les véhicules dits propres ne le sont pas totalement, contrairement à ce que leur nom pourrait laisser croire.

L'appellation véhicule propre ou véhicule écologique soulevait au moins deux problèmes: 

  • si un véhicule n'émet pas de particules générées par une combustion interne, il rejette toutefois des particules, notamment en provenance des freins (même si la masse de particules émises par un véhicule électrique, par exemple, est logiquement plus faible qu'un véhicule à moteur thermique, les freins étant moins sollicités du fait d'un frein moteur beaucoup plus important avec un véhicule électrique)
  • Un véhicule propre sous-entend, par opposition, que les autres véhicules sont sales ou anti-écologiques. Il s'agit d'une inquiétude régulièrement émise par les constructeurs.

La notion de véhicule propre a déjà été remise en cause dans le passé au niveau des campagnes publicitaires par le Jury de Déontologie Publicitaire.

BMW i3 - vue de face

Les seuils permettant de définir un véhicule à faibles émissions et un véhicule à très faibles émissions doivent encore être validés. Typiquement, un véhicule à très faibles émissions devrait prendre la forme d'un véhicule à moteur électrique (alimenté par une batterie ou une pile à combustible telle que dans la Toyota Mirai).

Pour être qualifié de véhicules à faibles émissions, ces derniers devront émettre moins de 95 grammes de CO2 par kilomètre, moins de 60 mg de NOx/km et moins d'un milligramme de particules par kilomètre.

La valeur de 95 g de CO2 a été ainsi choisie car elle correspond à l'objectif d'émissions fixé pour l'ensemble de la gamme d'un constructeur en 2020 par l'Union Européenne. La valeur de 60 mg/km de NOx correspond à la valeur réglementaire d'émissions Euro 6 pour un moteur essence (les moteurs diesel peuvent quant à eux émettre jusqu'à 80 mg/km). En matière de particules, la valeur ciblée est beaucoup plus contraignante que la réglementation (établie à 4,5 mg/km).

Concernant la masse de particules émises, les moteurs essence ne rejettent que peu de particule en masse (ils en rejettent par contre beaucoup en quantité lorsque l'injection de carburant se fait directement à l'intérieur du cylindre). Pour les moteurs diesel, l'équipement de filtres à particules, rendus nécessaires pour être conformes aux normes Euro 5, limite lui-aussi la masse de particules à moins d'1 mg/km.

Peugeot 508 RXH - vue dynamique

En pratique, les véhicules à faibles émissions pourraient concerner de manière générale:

  • les citadines à moteur essence émettant moins de 95 g/km de CO2 sur le cycle NEDC (type Renault Twingo)
  • Les citadines et compactes à moteur diesel émettant moins de 95 g/km de CO2 et conformes à la norme Euro 6 (type Mazda2 1.5l Skyactiv-D)
  • Les véhicules hybrides rechargeables essence ou diesel (type Audi A3 Sportback e-tron)
  • Les véhicules hybrides non rechargeables essence (type Toyota Prius)
  • Les véhicules hybrides non rechargeables diesel homologués selon la norme Euro 6 (Merceded C300 h)

Les véhicules à faibles émissions et à très faibles émissions bénéficieront d'une pastille à appliquer sur le pare-brise pour les différencier des autres véhicules. Lors des pics de pollution, seuls ces véhicules pourraient être autorisés à circuler, par exemple.

Source: Assemblée Nationale / Ademe (émissions des véhicules)

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Commentaires
Guillaume Darding à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Il y a 3 heures

Bonjour pjmdur, dans le cas d'un hybride, le mode de calcul pour calculer les émissions de CO2 selon le cycle WLTP revient à mesurer les émissions du moteur selon les différents modes de fonctionnement (cas où le niveau de charge de la batterie est maintenu et cas où le moteur électrique est utilisé jusqu'à l'épuisement de la batterie). En fonction de l'autonomie du véhicule électrique, les émissions mesurées dans le cas où le moteur est sollicité (maintien de la charge de la batterie) sont pondérées. La courbe est indicative et montre que plus le véhicule a une forte autonomie en mode électrique, plus le facteur de pondération sera important (par conséquent, les émissions de CO2 seront plus faibles). En réalité, le calcul est beaucoup plus complexe car la courbe varie sensiblement selon les phases de conduite du cycle d'homologation. Ces courbes sont censée être représentatives du taux d'utilisation du véhicule électrique en mode électrique et se basent sur des études statistiques. Au final, les émissions de CO2 déclarées n'ont absolument rien à voir avec ce que le moteur émettra lorsque la batterie est vide et la seule manière d'approcher les émissions officielles, c'est de rouler une grande partie du temps en mode électrique !

pjmdur à propos de l'article «Normes Euro 6 : vue d'ensemble»

Il y a 8 heures

Bonjour Guillaume, Un premier test en vrai grandeur d'un utilisateur du 3008 II Hybride 4 donne 5,6l sur 1000km, ce qui est plutôt correct pour un véhicule essence 4X4 de cette puissance. Mais c'est 3 fois environ le chiffre mixte WLTP annoncé.. D'autres tests de journalistes qui ont avoué n'être pas vraiment représentatifs car routes sinueuses parcourues d'une façon sportive, ont donné environ 7L. je me demande sérieusement comment sont réalisés les tests WLTP pour un véhicule Hybride/Plugin? J'avoue ne pas avoir compris la courbe %/autonomie batterie.

Guillaume Darding à propos de l'article «Présentation moteur : Mazda Skyactiv-X»

Il y a 13 heures

Bonjour Scotch et merci pour vos encouragements ! Concernant le taux de compression, c'est une donnée très importante dans la conception d'un moteur et le taux de compression effectif (du au retard de la fermeture des soupapes à l'admission) n'en est qu'une conséquence. Le fait d'avoir un taux de compression élevé vous donne la possibilité de basculer vers des modes de fonctionnement permettant la réduction des pertes par pompage (le cycle Atkinson comme vous l'évoquez, par exemple). Si, dans une conception moteur, on part avec un taux de compression faible, il n'y aura que peu de marge de manoeuvre sur ce critère-là. La charge moteur est gérée, autant que faire se peut, par le taux d'EGR (interne et externe) et la quantité de carburant injecté, le compresseur vient en renfort pour assurer un bon remplissage des cylindres et le papillon reste ouvert au maximum : c'est le mode de fonctionnement privilégié dans la zone SPCCI. En dehors de cette zone, le papillon va moduler la quantité d'air admise. Considérant que le moteur fonctionne en mode "classique" principalement à haut régime et/ou à forte charge, on peut en déduire que le papillon reste de toute façon assez largement ouvert et que les pertes induites par cet organe restent limitées. Le compresseur est débrayable car au-delà d'un certain régime moteur, il consomme beaucoup de puissance moteur (le compresseur est entraîné par le vilebrequin) et il est donc préférable de le désactiver. L'embrayage n'est donc pas utilisé pour moduler la pression de suralimentation.

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