Technique: le détecteur de fatigue

Technique: le détecteur de fatigue

Guillaume Darding - 09 septembre 2016

La fatigue est un facteur important de cause d’accidents mortels, notamment sur voie rapide. Dans sa globalité, la fatigue joue un rôle dans environ 10% des accidents mortels. Sur autoroute, la fatigue est répertoriée parmi les causes d’accident mortel dans un accident sur trois.

Au volant, la fatigue se traduit par une attention moins forte, un temps de réaction plus long et une analyse des situations beaucoup plus longue. De fait, la prise de décision face à un danger est beaucoup moins évidente, multipliant les risques d’accident. Dans le pire des cas, la fatigue conduit à la somnolence avec un risque d’accident alors proche de 100%.

Volvo - expert dépêché sur place pour analyse des causes de l'accident

Les prémices du détecteur de fatigue

Les années 2000 ont vu apparaître les premiers avertisseurs de fatigue. Il ne s’agissait pas vraiment de détecteurs de fatigue dans le sens où le système ne se contentait que d’afficher un avertissement au tableau de bord au bout de 2 heures de conduite ininterrompues.

Volvo - Driver Alert - Détecteur de fatigue

Ce système est toujours utilisé sur certains véhicules récents (Peugeot 5008 par exemple) en complément des autres systèmes d’alerte. La durée de conduite de 2 heures correspond aux recommandations habituellement émises par les différentes instances en charge de la sécurité routière en Europe.

L’avènement de l’électronique

La multiplication des systèmes électroniques embarqués a permis la démocratisation de détecteur de fatigue, que ce soit de manière directe et indirecte.

Volvo - analyse du conducteur - fatigue et somnolence

De manière directe, Mercedes (Attention Assist) et Volkswagen ont recours à un détecteur de fatigue analysant en particulier les mouvements imprimés par le conducteur sur le volant: lorsque le conducteur fatigue, les corrections effectuées au volant pour maintenir le véhicule dans sa voie deviennent généralement plus rares et plus brusques. Le système prend aussi en compte des données secondaires comme la vitesse du véhicule, l’heure, l’actionnement des clignotants ainsi que les réglages de la climatisation.

Le détecteur de fatigue analyse le comportement du conducteur, pendant le premier quart d’heure de conduite et dès que le véhicule circule au-dessus de la vitesse de 65 km/h environ. Le système est donc majoritairement destiné à prévenir la fatigue sur autoroute. Lorsque le système détecte une différence importante par rapport aux premières minutes de conduite ou lorsque le conducteur est au volant depuis plus de 4h, le système déclenche alors une alerte visuelle et sonore afin d’inciter le conducteur à faire une pause.

Bosch - caméra multifonction logée devant le rétroviseur central

D’autres constructeurs, tels que Volvo (Driver Alert Control) ou Peugeot (Alerte Attention Conducteur), ont fait le choix d’utiliser la caméra multifonction (logée généralement derrière le rétroviseur intérieur) pour analyser le comportement du véhicule.

Cette caméra permet habituellement de proposer un nombre important d’aides à la conduite telles que l’alerte de franchissement de ligne, le freinage d’urgence autonome en ville, la reconnaissance des panneaux, la commutation automatique entre les feux de croisement et les feux de route. Un calculateur analyse en permanence les images en provenance de la caméra, en particulier la variation de la position du véhicule par rapport au marquage au sol. Lorsque le système détermine que le véhicule louvoie, il déclenche alors une alerte au niveau du tableau de bord.

De manière indirecte, le déclenchement d’un freinage d’urgence autonome ou le signalement d’une alerte de franchissement inopiné d’une ligne blanche ou discontinue devraient être des signes clairs pour le conducteur qu’il est temps de faire une pause dans les plus brefs délais.

Volkswagen Passat - freinage d'urgence autonome - détection des piétons

L’avenir

A l’avenir, la détection de la fatigue pourrait se faire à l’aide d’une caméra intégrée dans le tableau de bord et qui analyserait le comportement du conducteur (battements de cils, baillements, inclinaison de la tête, direction du regard, …).

Volvo - caméra intérieure pour évaluer l'état du conducteur

Si ce système pourrait s’avérer plus fiable dans la détection de la fatigue, cette technologie doit faire face à de nombreux écueils pour donner des résultats satisfaisants. De fait, il faut pouvoir tenir compte des nombreuses positions du siège et du volant, susceptibles d’entraver la vision de la caméra, tout comme les accessoires (lunettes, piercings, …) qui pourraient conduire à des difficultés supplémentaires pour analyser correctement les données récoltées par la caméra. Il n’est pas certain que cette technologie puisse, au final, procurer de meilleurs résultats que les systèmes actuels.

Volvo - détection de l'état du conducteur - analyse des images en provenance de la caméra

Néanmoins, ce type de système pourra certainement être utile pour équiper un véhicule semi-autonome (conduite autonome sur voie rapide et reprise en main par le conducteur sur le réseau secondaire) afin de déterminer le niveau d’attention du conducteur (concentré sur la route, occupé à consulter son téléphone portable, …) et l’alerter suffisamment tôt, de manière visible et audible, lorsque ce dernier devra reprendre le contrôle du véhicule.

Source: Bosch / ONISR / Peugeot / Sécurité Routière / TRW / Volkswagen / Volvo
Crédits photos: Bosch / Mercedes / Volvo / Volkswagen

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Commentaires
Antoine29 à propos de l'article «Technique : éclairage automobile avant»

Il y a 6 heures

Bonjour, dans le schéma montrant les zones d'éclairage des feux de croisement/de route, un ovale représente la limite de visibilité du faisceau des feux de route. Savez-vous s'il existe une réglementation concernant l'angle horizontal et l'angle vertical de ce faisceau? Si oui est-ce une norme qui s'applique à tous types de véhicules? Je recherche pour des besoins techniques les valeurs de ces angles pour un fourgon utilitaire Citroën Jumper. Pas facile à trouver comme info! Merci d'avance pour votre réponse.

Guillaume Darding à propos de l'article «Ford 1.0l Ecoboost: sur deux ou trois cylindres»

Hier

Bonjour Adrien, les évolutions restent mineures dans l'ensemble entre un moteur flexifuel et un moteur non flexifuel, le principal étant le changement de matière des sièges de soupapes. Je n'en ai pas la confirmation, mais il semblerait que les injecteurs aient aussi évolué pour permettre des débits supérieurs (ce qui est utile dans le cas de l'E85 puisqu'il faut injecter plus de carburant). Une reprogrammation peut être source de problème... si elle est mal faite : par exemple, si le reprogrammateur "s'amuse" à vouloir augmenter le débit des injecteurs plutôt que d'allonger le temps d'injection pour injecter du carburant lorsque le réservoir est rempli de superéthanol. Si les injecteurs ne sont pas capables de fonctionner avec le débit demandé, alors le mélange à l'intérieur du cylindre sera trop pauvre et néfaste pour la fiabilité du moteur (et les émissions). Pour un reprogrammateur qui maîtrise son sujet (avec une bonne connaissance des particularités de l'E85 et du moteur qu'on souhaite convertir), il n'y a pas de crainte à avoir.

Adrien67 à propos de l'article «Ford 1.0l Ecoboost: sur deux ou trois cylindres»

Il y a 4 jours

Bonsoir Guillaume, Aurais tu des informations concernant la compatibilité E85 des derniers blocs MHEV 125/155 chevaux non badgés Flexifuel ? Est ce que les blocs sont identiques (sièges de soupapes ? Injecteurs) et une reprogrammation peut elle être source de problème pour le passage à l'éthanol ? Merci d'avance

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